1. Tu semblante
2. Charleston
3. Tordu tour du monde
4. Dis-moi cest quand
5. International
6. Inutil
7. Tout un pan de moi
8. Latelier
9. Ce sourire est pour moi
10. Longtemps
11. Cher oubli
12. Faustino fatal
13. La ballade des gens
qui sont nés quelque part
14. Des frontières aux pays
Tarmac
: mot anglais, de tar (goudron) et macadam = tarmacadam en 1909,
puis tarmac par abréviation. Revêtement constitué
de pierres concassées agglomérées avec
du goudron. Par extension, partie dun aérodrome
réservée à la circulation des avions. Utilisé
couramment de nos jours pour désigner une piste goudronnée
à usage sportif (auto, moto, roller...).
En octobre 2001, ce mot noir, collant et nauséabond a
été choisi par Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel
pour baptiser le groupe dont ils sont membres à eux tout
seuls et dont le premier album sappelle Latelier.
On écoute ?
Il ne faut pas longtemps pour réagir. Aux premiers accents
de la voix goudronnée du chanteur, du frotti-frotta du
médiator sur les cordes de la guitare acoustique, des
mélopées lancinantes du violon omniprésent,
on fronce les sourcils. On réfléchit deux minutes
et puis on se dit : "Cest dingue comme ça
ressemble à du Louise Attaque".
Rassurez-vous, comme dirait Areski Belkacem à Brigitte
Fontaine : "Cest normal". Explication : Gaëtan
et Samuel sont respectivement et précisément le
chanteur-guitariste et le violoniste de Louise Attaque ; ça
vous va comme explication ?
Prisonniers du succès, du style et des obligations artistiques
que le marketing impose à tout groupe à succès,
ils ont décidé de tailler le Tarmac pour se payer
une escapade musicale différente, plus personnelle. Intention
dautant plus louable quelle présentait une
part de risque non négligeable, que les éminents
spécialistes de la gestion de groupes auraient même
pu qualifier de "très casse gueule dun point
de vue carrière". Mais nos deux compères
sont des êtres purs, sincères et sans concession
: ils ont créé Tarmac quand même et enregistré
14 titres, avec leur voix, leur guitare et leur violon de Louise
Attaque ; mais dans un style beaucoup plus épuré,
pour ne pas dire presque exclusivement acoustique.
Musicalement parlant, cest guitare sèche-médiator
rugueux-chant-violon et cest tout ; à peine un
petit coup de piano par-ci (le très joli Tordu tour du
monde quon retrouve en duo avec une petite fille à
la toute fin du disque) et un petit coup de trompette par là
(Charleston). Quelques morceaux proches de Manu Chao (Tu semblante,
Inutil), quelques ambiances "american-road-slide-guitar"
(Latelier) : le voyage nest pas monotone du tout
si on prend le temps de regarder le paysage, pas vraiment varié
a priori, mais tout en nuances a posteriori.
Les textes, dans une ambiance désenchantée sans
révolte, sont très personnels (et même pour
certains, carrément espagnols). Parfois sophistiqués,
contradictoires et même un peu maladroits, ils sont empreints
dune sincérité et dune tendresse qui
les rendent touchants malgré tout.
Lensemble est attachant, chaleureux ; on se laisse prendre,
comme dans un fauteuil un soir au coin du feu, par cette mélancolie
persistante, douloureuse et apaisante à la fois. Encore
une contradiction...
PS : jexclus pudiquement du corps de
mon commentaire la tragique reprise de La ballade des gens qui
sont nés quelque part de Brassens,
contribution malheureuse de Tarmac au massacre-hommage des Oiseaux
de passage (mais que fait Alain Bougrain-Dubourg ?) et réincluse
- par erreur, sans doute - dans cet album.
Site : rien ni dans, ni sur, ni sous le Tarmac
dont il est ici question.