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     MuSiQueS
 
EMILIANA TORRINI
Fisherman's woman
(Rough Trade - 2005)

1. Nothing brings me down
2. Sunnyroad
3. Snow
4. Lifesaver
5. Honeymoon child
6. Today has been ok
7. Nextime around
8. Heartstopper
9. At least it was
10. Fisherman's woman
11. Thinking out loud
12. Serenade
Merveilleuse musique faite de dépouillement et de sensibilité. A découvrir absolument et à faire écouter aux gens qu’on aime.


Petit elfe de la musique nordique, l’Islandaise Emiliana Torrini nous offre avec Fisherman’s woman 39 minutes d’un album resserré, mélodique et, s’il fallait parler de vin, l’on dirait qu’il est indéniablement long en bouche.

Lorsqu’elle a sorti son premier album en 1999, la jeune femme a subi l’inévitable comparaison avec sa compatriote Björk. D’autant que la production de ce premier album par Roland Orzabal (ex Tears For Fear) hésitait entre pop et musique indé.

Plus de cinq ans plus tard, Emiliana nous revient avec un album radicalement différent du premier. À tel point, qu’il faudrait dire qu’il s’agit de son second premier album.

Là où le premier nous présentait une personnalité en devenir, dotée d’une voix attachante, Fisherman’s woman nous étonne par sa maturité et sa beauté.

La belle voix devient bien souvent un murmure. Le son est épuré et les instruments transmettent une musique de chambre qui touche au cœur.

Mademoiselle Torrini nous parle de la douleur, de l’absence et accède à l’intemporel. On cite à son égard Nick Drake. Elle, préfère parler de Jolie Holland. Tout est vrai, ces musiques incitent à la rêverie, elles vous donnent envie de retourner sous la couette.

Pour qui s’y intéresse, le parcours de l’artiste est sinueux. Toute jeune, elle a enregistré deux EP (6 titres), dont un reprenant des standards de jazz, qui eurent du succès dans son pays. Après son premier vrai album, elle s’est amusée à écrire pour Kylie Minogue. En voilà une demoiselle qui a de la ressource.

Ecoutez cet album, il est unique. Aucun titre ne ressort aux dépens des autres. Pourquoi ? Parce que chaque titre est beau. Et pour paraphraser Gainsbourg, la beauté, on l’a ou on l’a pas dans la peau. Emiliana Torrini l’a.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Février 2005
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