1. Safe, sound
2. What of me
3. Weakening
4. Eyes like bottles
5. I don't mind
6. Ledge
7. And we lean in
8. My hands up
9. Low point
10. No one
11. Matching weight
Une
pure merveille musicale qui a le pouvoir absolu de vous transporter
“ailleurs". A consommer sans modération.
Si je ne me retenais pas, je vous parlerais de moi ! Je me poserais
là, tranquillement, j'appuierais sur la touche play et, pendant
que les premières notes de Safe, sound envahiraient doucement
la pièce, que la voix suave d’Anna-Lynne Williams viendrait
se poser délicatement sur les nappes musicales orchestrées
par ses deux acolytes, je vous dirais : "Voilà, c'est
exactement pour ça que j'aime écrire des chroniques
musicales. Pour le plaisir de découvrir par hasard, au milieu
des CD reçus de tous horizons, un album comme Having."
Il s'agit pourtant du troisième album du trio californien qui
nous avait échappé jusque-là. Un troisième
album qui semble aussi être celui de la maturité et de
la plénitude artistique. Arrangé par Dave Fridmann (Flaming
Lips, Mogwai, Mercury Rev, Sparklehorse, Low) et produit Greg Calbi
(Interpol, Brian Eno, Bob Dylan), Having est une sorte de paradis
musical voluptueux dans lequel on aspire à se fondre, à
se perdre…
Expérience sensuelle plutôt que strictement musicale,
les onze chansons de cet album créent une sorte de bulle protectrice
autour de leur auditeur qui échappe ainsi, durant une petite
heure, aux contingences matérielles du monde qui l’entoure.
Pour peu que vous ouvriez à votre tour le boîtier mystérieux
de ce Having vénéneux, planant à cent coudées
au-dessus de la fourmilière, vous ferez, vous aussi, cette
expérience quasi-narcotique dont on ne pariera pas trop tôt
qu’elle est sans danger d’accoutumance.
À quand une loi rendant obligatoire un sticker d’avertissement
sur les CD ? "Trespassers William rend heureux" s’imposerait
sur cet album.