TWO GALLANTS
What the toll tells
(Saddle Creek - 2006)
1. Las cruces jail
2. Steady rollin
3. Some slender rest
4. Long summer day
5. The prodigal son
6. Threnody
7. 16th St.Dozens
8. Age of assassins
9. Waves of grain
Le
deuxième album des Two Gallants, signés chez Saddle
Creek - label indé de Conor Oberst alias Bright Eyes, comptant
également les excellents Now It’s Overhead -, est à
peine dans les bacs, que déjà, on s’affole. A
l’écoute des extraits de What the toll tells entendus
ici ou là, au gré des playlists, et surtout de leurs
deux singles furieusement accrocheurs, Las cruces jail et Steady rollin
en prémices dudit LP, on se dit qu’on tient quelque chose...
Ce qui frappe au premier abord, c’est ce minimalisme à
l’américaine déjà constaté ailleurs
chez les White Stripes ou les Black Keys, Two Gallants étant
eux aussi un duo choc, avec Tyson Vogel à la batterie et son
vieil acolyte de San Francisco Adam Stephenson, à la guitare
et au chant. A eux deux ils distillent une musique grondante, d’une
surprenante précision et aux paroles aigres-douces éructées
avec fièvre et rage froide. Le "cri primal" selon
Lennon, prend ici son plus bel envol, mais est toujours maîtrisé
de manière déconcertante et est porté à
bout de bras par cette guitare abrasive et ces percussions tribales.
Une grande voix qui croise le fer aux confins du punk, du blues et
de la folk-music, repoussant toujours un peu plus loin les limites
des genres. Evidemment, les déjà nommés Whites
Stripes ne sont jamais très loin, bien qu’Adam Stephenson
ait déclaré à la presse anglaise, goguenard :
" Désolé, mais tout ce qui est rouge et blanc me
file des démangeaisons !"
Voilà pour ce qui est des étiquettes qu’on essaye
de leur accoler. Car Two Gallants est un groupe indépendant,
au sens noble, et ne se laissera pas démonter de si tôt,
la preuve étant ce disque, fantastique manifeste d’americana
exaltée, toujours sur la brèche et en constante remise
en question, surfant avec désinvolture sur les genres en évitant
le simple exercice de style.
Steady rollin déferle déjà sur les ondes d’outre-manche,
petit tube en puissance s’il en est, et Las cruces jail, sorte
de chanson western chaotique et écorchée a de quoi faire
des ravages en concert. Ces jeunes gens ont même eu droit aux
dithyrambes de ce vieux briscard de Shane McGowan (Pogues), lors d’un
récent passage à Londres. Alors c’est sûr,
on tient quelque chose de vraiment passionnant…