1. Here & now
2. Everybody wants to be loved
3. Love & loss
4. Mother’s voice
5. Underwater
6. Everything that rises must converge
7. The red room
8. Add stars to the sky
9. Who the fuck gave you this invitation
10. The northern cross
11. I spoke too soon
12. Poison
13. Unknown
Avec
The red room, Venus a choisi de souffler le chaud et le froid dans
nos oreilles… au risque de les cramoisir elles aussi !
Qui eût dit que le combo belge - reconnu pour la finesse et
l’élaboration de ses mélodies - s’orienterait
un jour vers une expérience aussi épurée et directe,
à base du blues le plus "sans fioriture" qui soit,
de guitares distordues et de percussions quasi-tribales ? Here &
now en ouverture, incantation lancinante, aux accents un peu sioux,
vraisemblablement enregistré live en une prise. On est un peu
désorienté. Il y a du recueillement, de la profondeur…
mais ça reste du blues épuré. Un peu sioux, certes,
mais le blues a déjà été tellement mijoté
à toutes les sauces… On attendra le milieu de Love &
loss pour retrouver un peu de la patte Venus, cette voix, ces harmonies
impeccables… Mother’s voice et Underwater, magnifiques,
finiront de nous rassurer. Ouf !
Et puis boum, voilà qu’on retourne à la distorse,
au répétitif, au violon crin-crin à la Louise
Attaque, au gros blues qui tache pour les trois-quatre suivants…
Jusqu’à un duo de nouveaux miracles musicaux : The northern
cross - superbe de délicatesse, pizzicatis, arpèges
- et surtout l’exceptionnel I spoke too soon, aux accents jazzy,
chœurs et intensité à la clé, montée
progressive et explosion pop finale. Génial !
Nouveau plongeon dans un Poison un peu trop instinctif - et long -
pour séduire complètement sur disque. Sur scène,
peut être… Heureusement, le morceau conclusif saura nous
réchauffer le cœur par son ambiance simple, douce et touchante.
On n’attendait pas de Venus un tel traitement de choc. On reste
un peu circonspect sur les choix rugueux qui ont du mal à sortir
du déjà entendu. Ce qui ne nous empêchera pas
de crier haut et fort que Venus est un groupe de premier ordre, dont
le talent de composition, le sens de la mélodie et de l’interprétation
sont ici magistralement confirmés, au travers de cinq ou six
perles rares qui valent largement l’acquisition du disque.
P.-S. On salue, avec cette nouvelle signature anglophone, une saine
volonté de diversification chez Tôt ou Tard, qui décolle
ainsi progressivement sa restrictive étiquette de "label
officiel de la nouvelle chanson française".