PETER VON POEHL
Going to where the tea trees are
(Tôt ou Tard - 2006)
1. Going to where the tea trees are
2. Tooth fairy
3. Travelers
4. Virgin mountains
5. A broken skeleton key
6. Global conspiracy
7. Scorpion grass
8. The story of the impossible
9. Tooth fairy part II
10. The lottery
11. Little creatures
12. The bell tolls five
A
mille lieues du AS Dragon de ses débuts, Peter von Poehl nous
offre une pop-folk très originale, d’une fascinante délicatesse
et d’une renversante beauté.
D’entrée, c’est un petit morceau magique et persistant
qui vous attrape l’oreille en douceur, vous pénètre
l’âme et vous fait planer. Un thème répétitif
et envoûtant, une lente progression qui s’évanouit
en filé au saxophone sans avoir vraiment éclaté,
vous laissant en suspens dans les airs… Une ambiance, une mélodie,
une voix, un son, une sensibilité, un univers résumés
dès ce premier titre déjà mythique (sorti confidentiellement
en 45T vinyl l’été dernier, il a fait un tabac
sur Radio Nova, puis en bouche à oreilles…).
Peter von Poehl et son pop-folk éthéré dont on
comprend très bien maintenant pourquoi ils ont choisi de ne
pas suivre les rockers d’AS Dragon (alors backing band du label
Tricatel) quand ils ont pris leur indépendance : trop fondamentalement
différents. Car notre charmant suédois à la voix
si troublante fait plutôt partie de la famille des vrais calmes
: il faut voir comme il sait envoûter une salle tout seul avec
juste une guitare électro-acoustique, quelques anecdotes délirantes
en français hésitant et de longs silences, incroyables
et parfaitement maîtrisés à la fois. Une véritable
classe, simple et sereine, totalement dépourvue d’artifice,
dont l’attachante efficacité repose uniquement sur le
talent, la voix, la beauté des mélodies et la sincérité
du personnage. Rare et impressionnant.
Mais le plus impressionnant de tout, c’est de constater à
quel point l’ensemble de l’album qui sort (enfin) aujourd’hui
(merci Tôt ou Tard… le bien nommé) est un grand
moment de bonheur ininterrompu de bout en bout. Enregistré
tranquillement, au fil du temps, en studio-cabane dans la forêt
suédoise ou "à la maison" à Berlin,
ce disque a l’étoffe, la finesse et la richesse du fruit
qui a pris le temps de mûrir sur l’arbre. Merveilleusement
chantée, ponctuée de splendides passages symphoniques
aux accents contemporains, d’épatants arrangements d’instruments
à vent, de riffs de guitare-basse-batterie particulièrement
percutants, d’harmonies étonnantes et variées,
l’œuvre s’achève sur un extraordinaire et
bouleversant crescendo fantomatique que viennent rejoindre progressivement,
comme dans un brumeux convoi funèbre, harmonium, roulades de
caisse claire, cuivres puis orchestre. Fantastique au double sens
du terme !
Du grand art ! Un incontournable de l’année 2006 !
Peter von Poehl sera en concert (avec un groupe, cette fois !) à
Paris (La Cigale) le 31 mai, à Ris-Orangis (Le Plan) le 3 juin
et à Saint-Brieuc (Art Rock) le 4 juin.