CD 1
1. Oh what a world
2. I don't know what it is
3. Vicious world
4. Movies of myself
5. Pretty things
6. Go or go ahead
7. Vibrate
8. 14th street
9. Natasha
10. Harvester of hearts
11. Beautiful child
12. Want
13. 11:11
14. Dinner at eight
CD 2
1. Agnus dei
2. The one you love
3. Peach trees
4. Little sister
5. The art theacher
6. Hometown waltz
7. This love affair
8. Gay messiah
9. Memphis skyline
10. Waiting for a dream
11. Crumb by crumb
12. Old whore's diet
13. Chelsea hotel No.2
14. In with the ladies
Il
a participé au somptueux I am a bird now d'Antony and the Johnsons,
écrit pour le nouveau Birkin. Vous ne voyez pas de qui je veux
parler ? Rufus Wainwright, évidemment !
Ah là là, quand le grand Wainwright sort un album rassemblant
ses deux derniers albums (Want one et Want two), ce n'est plus un
plaisir de faire une chronique, c'est un épanouissement, un
bonheur intense. Mais présentons l'artiste…
Rufus Wainwright, fils d'une talentueuse lignée de musiciens
(Wainwright et McGarrigle, figures de proue du folk américains
), le meilleur des songwriters pop canadiens depuis bien longtemps,
la crème des textes ciselés, du romantisme gay - au
point d'être interdit d'antenne sur certaines radios aux Etats-Unis
-, dandy romantique à la voix unique. Un piano ronflant, des
arrangements divins, des mélodies foudroyantes, pas toujours
faciles, longues en bouche.
Obnubilé par la célébrité, autrefois toxicomane
(ancien adepte de la Chrystal Meth des boîtes de nuit gays new-yorkaises),
volontiers fêtard, accro au sexe, adorant se travestir en concert,
un brin provocateur et calculateur. Touchant, prodigieux. Rufus Wainwright
c'est tout ça à la fois.
CD 1 - Want one
Want One, premier de la série "Want", troisième
album de Rufus. Exercice difficile, car le précédent,
Poses, s'était révélé comme un véritable
diamant de la pop, s'essayant même un peu à l'électronique.
Le premier opus, éponyme, s'était quant à lui
offert les services de Jon Brion (le célèbre producteur
de l'ange Apple) et avait révélé un véritable
artiste. On attendait ainsi énormément de choses de
ce troisième disque. Le résultat ? La confirmation.
Exaltant ainsi ses goûts pour l'opéra, les arrangements
classieux (trop, diront certains) tranchent avec la "sobriété"
des précédents opus. De la pop divine qui coule tel
du nectar dans nos fines oreilles résolument amoureuses du
trublion canadien.
Pourtant, à la première écoute, on peut vite
se trouver lassé, voire écoeuré de ces arrangements
qui paraissent guimauve et qui gâcheraient presque les mélodies
; mais dès la seconde écoute, on enfile les perles :
Oh what a world - et la reprise du boléro de Ravel -, I don't
know what it is, Natasha, Dinner at eight, Go or go ahead sont parmi
les gros joyaux de cet album. Du somptueux, rien que du somptueux...
CD 2 - Want two
Quatrième album. Rufus va-t-il continuer sur sa lancée
et nous époustoufler encore une fois, ou, au contraire, son
génie va-t-il s'étioler ?
Le ton est donné dès la première piste, Agnus
Dei, morceau en latin à l'ambiance reposante : Rufus exécute
un "tri" et prévient ses auditeurs que les compositions
de cet opus ne seront pas faciles et demanderont du temps avant d'être
appréciées à leur juste valeur.
Et c'est encore un grand moment que le grand Wainwright nous offre
: The one you love, véritable single en puissance, Little sister
et ses grands airs de Divine Comedy (seul morceau où la ressemblance
est vraiment frappante, même si, à mon sens, Wainwright
est plus doué encore), - demande touchante faite à sa
soeur Martha de ne pas avoir honte d'avoir un frère homosexuel
et de le considérer comme un homme à part entière
-, The art teacher, somptueuse ballade au piano enregistrée
live, au même titre que This love affair.
S'ensuit un magnifique hommage à l'archange Jeff Buckley dans
Memphys skyline (Rufus l'a secrètement détesté
et jalousé avant de le rencontrer, peu de temps avant sa mort),
puis ses amours exacerbées, ses désirs de "baptème
au sperme" sont édictés dans le délicieux
et provocant Gay Messiah (qui lui a valu son premier "Explicit
lyrics") ; le duo grandiloquent avec Antony (sans ses Johnsons,
cette fois) avec Old whore's diet et l'électronique Waiting
for a dream comptent parmi les grands moments de cet album. Et pour
finir, n'oublions pas la chanson en français - si, si ! - (le
prodige est presque bilingue et rêve un jour d'enregistrer un
album tout en français) Coeur de Parisienne, reprise d'Arletty,
qui est magnifiquement interprétée.
Alors si vous ne connaissez pas encore cet ange noir Canadien, si
touchant et génial, et si vous êtes amateur de grande
musique pop, ruez-vous sur ses disques. Rufus Wainwright, est juste
l’un des fleurons des songwriters d'aujourd'hui.