1 - Alice
2 - Everything you can think
3 - Flower's grave
4 - No one knows I'm gone
5 - Kommienezuspadt
6 - Poor Edward
7 - Table Top Joe
8 - Lost in the harbour
9 - We're all mad here
10 - Watch her disappear
11 - Reeperbahn
12 - I'm still here
13 - Fish and bird
14 - Barcarolle
15 - Fawn
Parce
quil ne fait décidément jamais rien comme les
autres, après 3 ans de silence, oncle Tom revient avec
deux albums dun coup : Blood money et Alice ! Et comme la vie
est faite de choix difficiles, Jowebzine.com a décidé
de se concentrer cette semaine sur Alice.
Deux raisons à cela : lhommage implicite à Lewis
Carroll et le climat général de cet album, empreint
dune nostalgie et dune tristesse indicibles.
En 15 chansons, Tom Waits et Kathleen Brennan, sa compagne de plus
en plus impliquée dans son travail de créateur, nous
livrent une vision très personnelle de lunivers dAlice
au pays des merveilles, résultat dun travail effectué
en 1992 pour un opéra de Bob Wilson.
Mais surtout, Alice permet de se délecter du Tom Waits que
lon aime par-dessus tout, de plus en plus éloigné
de limagerie rock traditionnelle et de plus en plus ouvert à
dautres genres : blues, bien sûr, mais également
jazz. Finalement, toutes ces musiques enfumées et parfumées
aux vapeurs dalcools forts, chantées dune voix
plus grave que de raison, du fond dune cave voûtée,
devant quelques amateurs affalés dans des banquettes peu confortables,
les yeux plissés de plaisir.
Parce que si lon excepte deux ou trois morceaux détonants,
dans la grande tradition outrée du personnage (Everything you
can think, Kommienezuspadt et We're all mad here), Alice est un album
dapaisement et de mélodies poignantes qui amènent
les larmes au bord des yeux plus souvent quà leur tour.
Du saxo jazzy légèrement enroué et totalement
hypnotique dAlice, le premier titre de lalbum (que lon
aimerait ne jamais voir finir) aux Fish and bird et Barcarolle qui
le clôturent, ou presque, ce disque est un pur enchantement.
Impossible de ne pas se laisser embarquer par Poor Edward (et ses
accents à la Brassens), par Lost in the harbour (sorte de My
way digne : sortez les mouchoirs ou faites-vous psychanalyser)
ou par Fawn, le final instrumental et lacrymal. On y trouve même
un hommage évident au Iggy Pop "kusturicien" de Arizona
dream sur Reeperbahn !
Merci Monsieur Waits de tant de talent, de tant de liberté
et de tant de maturité transformés en pur bonheur, de
ceux qui saccroissent à chaque écoute sans jamais
lasser. Du fond du cur, Merci.