1. Seven nation army
2. Black math
3. There's not home for you here
4. I just don't know what to do
wit myself
5. In the cold, cold night
6. I want to be the boy
to warm your mother's heart
7. You've got her in your pocket
8. Ball and biscuit
9. The hardest button to button
10. Little acorns
11. Hypnotize
12. The air near my fingers
13. Girl, you have no faith in medicine
14. Well it's true that we love
one another
WHITE,
RED AND BLUES
Un quatrième album et une évidence : avec leur blues
pur, hargneux, modeste et sincère, les White Stripes sont bien
les meilleurs dans leur catégorie. Et de loin.
Le problème avec les White Stripes, c’est qu’ils
ont tendance à mettre ma santé mentale en péril.
A coup de contradictions flagrantes et de virages à 180°,
ils arrivent à me faire douter de tout. A commencer par leur
nom. Bizarre de s’appeler Rayures Blanches, de baptiser son
3e album Globules blancs et de s’habiller en rouge exclusivement
! Bizarre de constituer un groupe à deux (deux !) et de faire
du bruit comme quatre ! Bizarre de laisser croire jusqu’à
l’année dernière qu’ils sont frères
et sœur et de se raviser subitement en 2003 pour avouer qu’ils
sont mari et femme… séparés (au secours, Docteur
Freud) ! Bizarre de sortir de si somptueux albums et d’être
à ce point laborieux sur scène. En tout cas en 2002,
parce qu’il semblerait que les Rolling Stones, dont ils ont
assuré la première partie sur de nombreuses dates de
leur tournée américaine, soient bluffés par leurs
prestations, au point de venir plus tôt chaque soir pour les
écouter depuis les coulisses ! Bref, les White Stripes sont
aussi difficiles à cerner qu’excitants à écouter…
sur CD.
Et leur quatrième album est là pour le confirmer. Meg
et Jack White ont le feu sacré. Le feu du blues pur et dur.
Très pur. Très dur. Aucune concession ou enluminure
sur Elephant. Juste la vérité et la sincérité
du dénuement instrumental : une batterie, une guitare, la voix
approximative de Jack (quelquefois celle de Meg - In the cold, cold
night) et en route pour les studios. Mais attention, pas n’importe
quels studios. Les studios Toe-Rag de Londres, les derniers studios
analogiques 8-pistes du monde occidental. Du rustique de chez rustique
: on enregistre live (ou presque) et on écoute. C’est
bon, on garde. C’est mauvais, on recommence. Autant dire qu’à
ce petit jeu l’enregistrement ne dépasse pas les deux
semaines et que la production est réduite à sa plus
simple expression.
Ils réinventent le blues des origines
Le résultat est brut et beau comme une réinvention du
monde. Tout le naturel et la fragilité du duo sont restitués
avec une acuité presque indécente. Littéralement,
ces deux-là se mettent "à poil" pour leur
musique. Nulle part où se planquer sur Elephant. Pas de rideaux
violoneux ou de bidouillages électronique. Juste une guitare
branchée sur l’électricité et une batterie
qui cogne en cadence. Du minimalisme de You’ve got her in your
pocket à la hargne de Ball and biscuit, Little acorns ou Hypnotize,
en passant par la classe à l’état pur de The air
near my fingers, Meg et Jack White font jaillir pour nous l’histoire
du blues qui semble couler dans leurs veines.
Impossible, dès lors, de ne pas crier haut et fort que les
White Stripes sont les meilleurs du lot. Dommage simplement qu’ils
mettent ma santé mentale en péril… Au fait, vous
connaissez pas la dernière ? Ils baptisent leur album Elephant
(parce qu’ils sont "prêts à écraser
le rock", dixit), mais mettent en scène une souris au
dos de leur livret. C’est pas freudien aussi, ça ?