Ces
jeunes dandys de l’Est de Londres subliment la new-wave de New
Order avec ce troisième single fiévreux. Plus qu’une
promesse, une brûlante révélation de l’underground.
A peine leur premier EP (Love is a number) dévoilé l’été
dernier, les White Rose Movement ont été élevé
au rang de véritables petites bombes en devenir, déchaînant
bien des passions lors de concerts totalement frénétiques.
Forts d’une véritable réputation des souterrains
de Londres, ils ont signé chez Independiente (nom évocateur),
ont mis en boîte un deuxième single au titre énigmatique
(Alsatian) et ont finalement assuré les premières parties
(extatiques) des Rakes dans toute l’Angleterre.
Au moment même où les prodigieux Arctic
Monkeys opèrent un véritable coup d’état,
White Rose Movement mitonne un album dont la date de sortie est prévue
le 27 avril, avec ce single effarant en guise d’amorce, que
l’on peut d’ores et déjà écouter
sur Internet, Girls in the back. LE single dark-pop vibrant de ce
début d’année, hanté tout du long par une
guitare vengeresse, un synthé déglingué dans
la lignée de New Order et un beat implacable, souligné
par une basse aussi claustrophobe que celle de Simon Gallup de Cure.
Ces cinq Londoniens (dont une demoiselle) balancent, sans tergiverser,
une pop synthétique et désespérée, parvenant
à éviter les poncifs du genre et jouant comme si leur
vie en dépendait : pied au plancher et flingue sur la tempe.
Le chanteur, lui, sorte de Dorian Gray à l’outrageante
beauté, alterne envolées romantiques à la Morrissey
et hoquets ultra-sexy façon Bowie (ces « c-c-crrrack
! » dévastateurs). Cette voix exsude le désespoir,
la rage froide. Et on en faillirait presque, tant c’est parfait.
White Rose Movement balance une fusion vertigineuse de new-wave ombrageuse,
maladive, à la limite du gothique (Cure, Joy Division, Bauhaus)
et de punk-funk façon Talking Heads. Kraftwerk semble être
aussi de la partie. C’est le CBGB qui rencontre le Studio 54,
quand la disco et le rock’n’roll ne font plus qu’un.
Pour sûr, les groupes néo-new-wave sont légion
depuis un certain temps et leur nombre ne cesse d’augmenter.
Mais, ces White Rose Movement ont le truc en plus : le supplément
d’âme… La sincérité, en un mot.
En toute logique, les clubbers chics londoniens raffolent de cette
petite-pop-song-follement-dansante-et-sexy et on les comprend. Comme
eux, on attend désespérément la suite, les deux
pieds sur le dancefloor et la tête dans les étoiles.