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     MuSiQueS
 
SHANNON WRIGHT
Over the sun
(Vicious Circle - 2004)

1. With closed eyes
2. Portray
3. Black little stray
4. You'll be the death
5. Throw a blanket over the sun
6. Avalanche
7. If only we could
8. Plea
9. Birds
Dans la vraie vie, Shannon Wright est peintre en bâtiment. Ses pinceaux nettoyés, elle enregistre des albums sombres et lumineux à l’instar de la pochette de ce magnifique Over the sun.


On retrouve dans ce nouvel album tous les ingrédients qui nous faisaient déjà vibrer sur Dyied in the wool. Le jeu de guitare si caractéristique de Shannon, soit un étrange métissage entre des accords et des rythmiques folks, jouées exclusivement en arpège sur une guitare électrique torturée, type Dylan mais en très saturé. Un chant à la fois violent et plaintif qui touche souvent au somptueux. Une économie dans la production, une fois de plus confiée à Steve Albini, qui laisse une grande part à l’émotion brute. Le tout au service de chansons mélancoliques et enragées. Avec Over the sun, Shannon Wright signe un album habité et sans concession, un disque opaque et sinueux qui mérite des écoutes attentives et renouvelées pour être en partie apprivoisé.

Voici l’extrait d’un bref entretien que Shannon Wright nous a accordé un après-midi de mars (Traduction de Yann Lafosse. Merci à Ster et à Jonathan)…

Tu es à Paris depuis combien de jours ?

Cela fait une semaine.

As-tu eu le temps de visiter ou de te promener dans la ville ?
Je n’ai pas eu le temps de me promener, mais hier je me suis baladée, dans le coin, j’ai vu le Moulin Rouge. (sourire) J’aurais aimé avoir plus de temps pour visiter Paris.

Y a-t-il des artistes français que tu connais et que tu apprécies plus particulièrement ou avec lesquels tu souhaiterais travailler ?
J’ai un peu joué avec Yann Tiersen. J’aime bien ce qu’il fait. Sinon, j’aime bien Serge Gainsbourg.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Over the sun ton nouvel album ?
C’est un album rock avec beaucoup de guitare électrique, de la basse, du piano…

Pourquoi as-tu choisi de retravailler avec Steve Albini ?
On est de vieux amis et on aime bien travailler ensemble. Il y a une alchimie entre nous. Il est très drôle et a une forte personnalité. C’est un ingénieur du son très doué. Il travaille rapidement alors que d’autres ingénieurs du son prennent leur temps. Albini, lui, a une éthique : tu n’as pas beaucoup d’argent, tu dois travailler rapidement.

Quelle est ta manière d’écrire tes chansons ?
Je n’ai pas de méthode. Parfois je m’assoie, je prends ma guitare et le morceau me vient. Parfois, j’entends le morceau dans ma tête…

Composes-tu quand tu es en tournée ?
Les morceaux déjà écrits évoluent car on improvise sur scène mais c’est dur d’en écrire des nouveaux parce qu’on n’a pas beaucoup de temps. Si on a du temps à la balance, j’essaye une nouvelle idée, mais, en général, c’est en revenant que j’écris. J’ai besoin d’être au calme, loin des autres. Je suis timide.

Il y a quelques jours, Brian Wilson était de passage à l’Olympia pour interpréter Smile, un album des Beach Boys encore inédit à ce jour. Que penses-tu de ce type de concert ? Est-ce que tu penses qu’il y a ici plus que de la simple nostalgie ?
Brian Wilson a écrit de très beaux morceaux, mais je dois avouer que je ne suis pas si fan que cela des Beach Boys. Mais, je connais des gens qui en sont fanatiques. De mon côté, je préfère Bob Dylan.

Que gardes-tu de ton expérience auprès de ton groupe ?

C’était mon premier groupe alors c’était marrant. On a eu l’occasion de venir en Europe plusieurs de fois. C’était il y a longtemps.

Que penses-tu aujourd’hui de tes premiers albums solo ? Y-a-t-il des morceaux que tu aimerais réenregistrer ?
J’ai réenregistré Heavy crown, un morceau de mon premier disque pour mon second album parce que je voyais deux interprétations différentes de ce morceau. Mais, je ne vois pas d’autres morceaux à reprendre.

Qu’est ce que tu ferais si tu ne faisais pas de musique ?
Question difficile. J’aimerais trouver quelque chose qui me satisfait autant que la musique mais je vois rien de comparable.

Pour toi, qu’est-ce que le bonheur ?
Le bonheur… C’est beaucoup de choses : le soleil, l’amitié, des gens (droits) sur lesquels on peut compter.

Te souviens-tu du premier disque que tu as acheté ?
Les Monkeys. Je l’ai acheté dans une foire à tout à l’âge de 7 ans. J’étais très excitée.

Quel est le dernier album que tu as acheté ?
Je ne me souviens pas (hésitante). Je crois que c’était un live rare de Jimi Hendrix en vinyl.


Guillaume Lebouis
© Jowebzine.com - Mai 2004
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