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     CiNéMa
 
TREIZE JOURS
 
Un film américain de Roger Donaldson
 Avec Kevin Kostner
Bruce Greenwood
et Steven Culp
 
Beacon Pictures - 2001 - 2h25
Dans la peau de John Fitzgerald Kennedy

Le pari était osé, surtout venant d’une production américaine, de mettre en scène un événement majeur de l’histoire contemporaine sans tomber dans les travers habituels de nos amis d’outre-Atlantique : patriotisme fervent servi au premier degré, bonne conscience inébranlable et cocorico final (comment dit-on cocorico en américain ?). D’autant que Kevin Kostner, archétype du "bon-américain-fier-de-ses-valeurs-et-fier-de-son-pays", officie au premier rang d’un casting d’abord choisi pour sa ressemblance avec les protagonistes de l’histoire.

Disons-le d’emblée : le pari est réussi. Treize Jours décrit par le menu la crise des missiles de Cuba vécue depuis le bureau ovale (le bureau du président des Etats-Unis à la Maison Blanche), par l’entremise du conseiller Kenny O’Donnell (interprêté par Kevin Kostner, sobre et convaincant), dans l’intimité du Président Kennedy et de son frère Bob. C’est donc un quasi huis clos que nous propose le réalisateur Roger Donaldson pendant près de 2h30.

Or, le style et le ton sont assez justes pour faire de Treize Jours un film honnête. Jamais exagérément didactique ou manichéen, Roger Donaldson sait faire ressentir au spectateur les tensions, les conflits, les luttes d’influence et d’intérêts qui habitent le sommet de l’état. Il fait surtout toucher du doigt ce que le doute et la solitude du pouvoir signifient. Elles sont terribles ces journées durant lesquelles le sort du monde et la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont entre les mains, côté américain, de trois hommes qui détiennent le pouvoir ultime et doivent assumer des décisions terribles pour l’avenir de l’humanité… sans droit à l’erreur.

Entre leçon d’histoire et leçon d’humanisme (une forme d’humanisme cynique et impitoyable propre à la fonction de chef d’état), Treize Jours donne à réfléchir sur le passé mais aussi sur le présent de notre monde sans jamais pontifier ni ennuyer.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2001
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