Un film français de Olivier Marchal
Avec Gerard Depardieu
Daniel Auteuil
Mylene Demongeot
Valeria Golino
Andre Dussollier
et Daniel Duval
Gaumont - 2004 - 1h50
Un
film noir et réaliste qui renoue avec une certaine tradition
du polar. L'affrontement Auteuil - Depardieu ajoute encore à
la puissance dégagée par ce second film d'Olivier
Marchal.
Ancien flic de la Police Judiciaire, Olivier Marchal n'en est
qu'à son deuxième film, mais le moins que l'on
puisse dire, c'est qu'il progresse vite. Avec 36, quai des Orfèvres,
il est en effet bien loin des tâtonnements de son premier
essai, Gangster (2002), et en arriverait même à
s'approcher de son modèle avoué, Heat de Michael
Mann.
C'est donc à la confrontation entre deux hommes que nous
convie ce film, sur fond de guerre des polices et d'affrontement
ouvert entre les patrons respectifs de la BRI, Léo Vrinks
- Daniel Auteuil, et de la BRB, Denis Klein - Gérard
Depardieu. Celui de ces deux anciens amis qui mettra le premier
hors d'état de nuire la bande de braqueurs qui sévit
depuis plusieurs mois se verra offrir le poste de Directeur
de la PJ. La soif de pouvoir sera l'élément déclencheur
d'un jeu d'échec violent où tous les coups sont
permis.
Inspiré assez largement de deux affaires survenues dans
les années 90, 36 quai des Orfèvres a cette dimension
humaine, cette noirceur, ce réalisme et cette épaisseur
qui font si souvent défaut aux réalisations françaises
du même genre.
Scénario solide, photographie soignée, mise en
scène rythmée, dialogues et situations hyper-réalistes,
trahisons, vengeances et soif du pouvoir, confrontation de deux
monstres sacrés du cinéma français, tous
les ingrédients étaient réunis pour que
36, quai des Orfèvres soit le grand polar que l'on attendait
depuis trop longtemps. Olivier Marchal n'a pas raté l'occasion
: son film redonne ses lettres de noblesse à un genre
qui se sentait orphelin depuis la disparition de Jean-Pierre
Melville.