Un film français de Fabien Onteniente
Avec Gérard Lanvin
Samuel Le Bihan
Lorant Deutsch
et Gérard Darmon
Bac - 2002 - 1h37
Ah
la la, la force des préjugés. Jallais voir 3-zéros
dans létat desprit du pénitent qui va subir
sa troisième et dernière épreuve. Javais
déjà mon bon mot : "3-zéros, Le raid et
Le boulet : trois zéros !". Il faut dire que les circonstances
agravantes étaient nombreuses : Fabien Onteniente à
la "réalisation" (on se rappelle le regrettable Jet
set), un sujet dangereusement porteur de beaufitude (le foot) et des
acteurs dont les prestations récentes ne pouvaient que nous
inciter à une méfiance légitime (au premier rang
desquels un Lorant Deutsch omniprésent sur les grands et petits
écrans ces dernières semaines).
Et puis, et puis Comment dirais-je 3-zéros nest
pas un film de grande qualité, certes non, mais enfin, il a
le mérite de traiter explicitement dun sujet passionnant
pour les amateurs (et les détracteurs) de ballon rond : le
foot business et les dessous des transferts. Et pour ce qui est dêtre
explicite, Fabien Onteniente ne fait pas les choses à moitié,
en tous cas en qualité de co-scénariste, car sa réalisation
est totalement dépourvue du moindre intérêt. On
touche dailleurs là toute lambiguïté
de ce film. Il est vendu comme une grosse comédie populaire
(ce quil est dailleurs) alors que son véritable
intérêt repose dans sa présentation des coulisses
les moins reluisantes, les plus répugnantes et, partant, les
plus drôles (pour peu que lon prenne un peu de recul)
du sport-roi.
Des joueurs achetés et vendus (à prix dor) comme
du bétail de luxe, sans considération aucune pour ses
aspirations ou ses intérêts. La vie mondaine des dirigeants,
des joueurs et de leurs épouses. Limportance du dopage
sur le rendement de tel ou tel joueur. La racaille-attitude des joueurs
vedettes trop vite parvenus au sommet. La vacuité de la notion
de supporter Il y a décidément beaucoup de choses
très intéressantes dans ce film. Mais lintérêt
est purement ethnographique, en aucun cas artistique. De ce point
de vue, tout est fait sans finesse, à gros traits appuyés
et vulgaires. Cette dichotomie fait de 3-zéros un film au succès
assuré auprès dun public très disparate
qui, dans la même salle, ne verra pas le même film.
Alors un conseil, si le score vous tente, remettez dans votre magnétoscope
la cassette fatiguée du France-Brésil 98. Si cest
le film qui vous tente, attendez sa diffusion à la télé.
Mais dans les deux cas, assurez-vous davoir de la bière
au frais !