Un film américain de Curtis Hanson
Avec Eminem
Kim Basinger
et Brittany Murphy
UIP - 2003 - 1h51
8
mile c'est d'abord le nom d'une route, comme il en existe des centaines
d'autres au Etats-Unis. C'est une frontière, et pas que symbolique,
entre les Noirs et les Blancs. Eminem, ou plutôt B. Rabbit,
est un Blanc, il galère. Détroit, c'est peut-être
l'enfer sur cette terre pour tous les mecs comme lui. Tout le film
est plombé, la photographie est sombre comme l'avenir de la
majorité des jeunes qui sont là, et les sonorités
métalliques (comme dans les usines de pièces détachées
de voitures, souvenirs d'une grandeur passée) sont à
l'honneur.
La vraie vie de B. Rabbit c'est la musique, le rap, les matchs d'impro
à la nuit tombée, où celui qui gagne est celui
qui a le plus chauffé la salle... Parfois on se dégonfle,
parfois on fait face. Ce que l'on voit dans ce film, c'est surtout
la volonté de sortir de cette merde (pardonnez l'expression)
ou, pour l'instant, de l'oublier un peu.
Ce film a deux facettes. Un coté misérabiliste "voyez
d'où je viens et où j'en suis aujourd'hui" qui
vient renforcer le "message" du film : "si vous n'avez
qu'une chance et une seule de faire et de dire ce que vous avez toujours
voulu, alors saisissez-là !"
Ce film est plus profond qu'il n'y parait et, pour ceux qui connaissent
les Etats-Unis, permet de vérifier que toutes les villes américaines
se ressemblent, bâties sur le même plan, selon la même
idée qui aboutit aux mêmes horreurs. Et puis, on peut
toujours ressortir cette vieille rengaine : "est-ce l'environnement
urbain qui rend les hommes mauvais ou les hommes qui rendent l'environnement
urbain invivable ?"