Un film américain de Spike Jonze
Avec Nicolas Cage
et Meryl Streep
Bac Films - 2003 - 1h56
Alors
quil assiste au tournage de Dans la peau de John Malkovitch,
dont il est le scénariste, Charlie Kaufman (interprété
par Nicolas Cage) est sollicité pour écrire ladaptation
dun best-seller dune journaliste du New-Yorker, Suzanne
Orlean, Le voleur dOrchidée. Tel est le point de départ
dAdaptation le nouveau film de Spike Jonze.
Un point de départ qui ressemble à une mise en abîme.
Le vrai et le faux sont mêlés pour créer une fiction
détonante et, en même temps, une réflexion sur
la fiction. Cela pourrait être le cocktail parfait, malheureusement
le bel édifice se met à pencher dangereusement une demi-heure
avant la fin.
Tout dabord le personnage de Charlie Kaufman incarné
par Nicolas Cage est absolument formidable : bedonnant, perdant ses
cheveux, transpirant dès quil conte fleurette à
une femme. Cest un magnifique personnage de névrosé
quarantenaire, comme on en voit peu dans le cinéma daujourdhui
aux Etats-Unis.
Du reste, ce qui est montré dans ce film, lorsquil est
réussi, on ne le voit nulle part ailleurs. Spike Jonze fait
intervenir des personnages de son précédent film. Il
dote Charlie Kaufman dun frère jumeau, scénariste
amateur de polar à succès. Il passe dun niveau
de film à un autre avec une réelle maestria.
Ce quon peut lui reprocher est que lambition du film débouche
sur un cul-de-sac. Tout dun coup, on se retrouve dans un cinéma
standard avec une course-poursuite dans les bayous, coups de feu et
morts. Non que ce soit dépourvu dintérêt.
Simplement, cela na pas grand-chose à voir avec le film
que nous regardions jusquà présent.
Contrairement à Dans la peau de John Malkovitch, Adaptation
ne va pas au bout de son délire. Il sarrête après
avoir parcouru lessentiel du chemin et nous plonge dans un ersatz
de violence et de règlements de comptes freudiens.
Un conseil donc : allez voir ce film ovni jusqu'au moment où
Charlie Kaufman part à New York rencontrer la journaliste Suzanne
Orlean. Ensuite, quittez la salle et imaginez la fin du film.