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AGENTS SECRETS

Un film français de Frédéric Schoendoerffer
Avec Vincent Cassel
Monica Bellucci
A ndré Dussolier
et Bruno Todeschini

TFM Distribution - 2004 - 1h49
Pour sa deuxième réalisation, Frédéric Schoendoerffer nous propose un film d'espionnage "à la française". Le projet est ambitieux mais manque de souffle.


Un film d'espionnage français ? C’est une chose suffisamment rare pour être soulignée et qui mérite bien de dépenser quelques euros pour être encouragée. Ajoutez à cela un duo Monica Bellucci / Vincent Cassel (plus quelques autres acteurs non négligeables comme André Dussolier et Charles Berling…) et vous voilà déjà alléché(e) par le menu : de l’intrigue, du suspens, de (bons) acteurs et l’intelligence du cinéma français. Seulement voilà, malgré toux ces ingrédients, la mayonnaise ne prend pas… Alors que s’est-il passé ?

Flash back.

Le sujet d’abord. Quatre agents secrets - le capitaine Georges Brisseau (Vincent Cassel), sa coéquipière Lisa (Monica Bellucci) et leurs collègues Raymond (Sergio Peris-Mencheta) et Loïc (Ludovic Schoendoerffer) - sont chargés par la DGSE d’une mission de sabotage au Maroc. But apparent de la mission : intimider l’homme d’affaires russe Igor Lipovsky et stopper ses livraisons d’armes aux rebelles angolais en coulant son navire. La mission se déroule sans problème jusqu’au retour…

Le scénario n’a, a priori, rien d’extraordinaire, mais l’objectif du réalisateur Frédéric Schoendoerffer ne réside pas dans l’histoire en elle-même mais plutôt dans son désir de nous révéler le quotidien d’agents secrets dans ce qu’il y a de plus réaliste : un univers froid, où mort et trahison sont constamment au rendez-vous.

Gros plans à l’appui sur des personnages filmés sans artifice ni maquillage, avec des silences et des non-dits lourds de sens, Frédéric Schoendoerffer nous livre un film d'espionnage prometteur et troublant, cynique et crédible, mais… dont le rythme, ou plutôt l’absence de rythme, finit, hélas, par ennuyer.

Après une première partie où l’on pense qu’une fois le décor bien planté, le sursaut va se produire et nous emporter dans un tumulte d’actions, on retombe très vite en s’apercevant que l’on n’aura rien de plus qu’une mise en scène soignée mais plate. Même la présence de bons acteurs (on pardonnera Monica pour son accent qui mange certains (rares) dialogues) ne nous fait pas oublier la lenteur du film.

Sans doute sommes-nous encore trop accoutumés à toutes ces productions hollywoodiennes qui nous font dans la surenchère d’effets spéciaux et de musiques "à donf", pour apprécier à sa juste valeur un film plus dépouillé qui mise sur un réalisme austère.

Quoi qu’il en soit, on reste sur notre faim/fin, celle du film nous ayant laissé, elle aussi, un goût d’inachevé. Dommage.


Géraldine Simonian
© Jowebzine.com - Avril 2004
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