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Alila est le pseudonyme de la ravissante jeune femme qui vient
chaque semaine, incognito (son véritable prénom étant
Gabi), rencontrer son amant perturbé mais infatigable dans
un studio au rez-de-chaussée de l’immeuble…
Ah ! Mais quel immeuble !… Celui du film
bien sûr…
Le centre de ce petit monde à part, situé dans un
quartier délabré de Tel Aviv, où tous nos protagonistes
se côtoient, parfois se rencontrent mais surtout où
chacun vit plus que sa propre histoire, son petit drame personnel.
On y trouve Mali, l’amie d’Alila, déchirée
entre son ex-mari dépressif et son jeune amant fougueux,
puis le fils de Mali, en fugue pour échapper au service militaire
au sein des bataillons armés où son père l’a
envoyé pour sauver son pays.
On y rencontre également les 2 amis voisins dont l’un,
retraité, se ravit du malheur des autres quand lui-même
semble être un rescapé des camps de concentration.
On y note le racisme contre les Arabes, l’esprit mesquin de
la voisine, membre de la police qui investigue sur tout le monde
; elle sera la première à dénoncer son voisin
et détourner les lois pour son propre avantage...
Une vraie tour de Babel cet immeuble, qui subira
d’ailleurs, tel l’arche de Noé les affres d’un
déluge ! « Petit désastre » aquatique
qui permettra justement à tous les habitants de ce «
petit monde » de chercher à mieux se connaître
(au sens étymologique du terme : « naître avec
»), pour enfin se reconnaître (re-naître avec…??)
Et peut-être vivre ensemble dans un nouveau monde plus humain
et tolérant.
Ce film est dur et difficile d’accès.
Je le conseille à un public averti et désireux de
vivre une expérience humaine (ou spirituelle) forte. On y
trouve la passion au sens de l’enfermement, la petitesse de
l’homme, la souffrance, l’intolérance, le désarroi,
la culpabilité… Heureusement le dernier message est
d’espérance…
Pas si étonnant, me direz-vous alors, que
ce film soit sorti la semaine du « Kippour » pour le
« Grand pardon ».
Alila a permis à Amos Gitaï de retourner
avec certains acteurs de sa connaissance, comme Yaël Abecassis
qui jouait le rôle de l’un des deux sœurs dans
Kadosh Sacre (1999). Son objectif a, paraît-il, été
de chercher à montrer le sentiment de promiscuité
qui, selon lui, fait partie inhérente de la vie actuelle
en Israël : « En Israël, les communautés
homogènes de la diaspora… se côtoient, se juxtaposent,
chacune essayant de se faire un peu d’espace. Il y a une pénétration
constante de l’espace intime de chaque cellule de vie ».
Reste qu’après Kadosh, Kippour (2000)
et Kedma (2002), Amos Gitaï signe une nouvelle œuvre historique
qui, avec comme toile de fond l’actualité politique
en « Terre Promise », révèle avec finesse
et simplicité, un formidable message de tolérance…
Présage peut-être d’un nouveau chemin attendu
pour Israël !
Lucile Burdin
© Jowebzine.com – Octobre 2003
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