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ALILA

Un film franco-israélien de Amos Gitaï
Avec Yaël Abdecassis
Uri Ran Klausner
Et Hanna Laslo

Mars Distribution - 2003 - 2h00

Alila est le pseudonyme de la ravissante jeune femme qui vient chaque semaine, incognito (son véritable prénom étant Gabi), rencontrer son amant perturbé mais infatigable dans un studio au rez-de-chaussée de l’immeuble…

Ah ! Mais quel immeuble !… Celui du film bien sûr…
Le centre de ce petit monde à part, situé dans un quartier délabré de Tel Aviv, où tous nos protagonistes se côtoient, parfois se rencontrent mais surtout où chacun vit plus que sa propre histoire, son petit drame personnel.

On y trouve Mali, l’amie d’Alila, déchirée entre son ex-mari dépressif et son jeune amant fougueux, puis le fils de Mali, en fugue pour échapper au service militaire au sein des bataillons armés où son père l’a envoyé pour sauver son pays.
On y rencontre également les 2 amis voisins dont l’un, retraité, se ravit du malheur des autres quand lui-même semble être un rescapé des camps de concentration.

On y note le racisme contre les Arabes, l’esprit mesquin de la voisine, membre de la police qui investigue sur tout le monde ; elle sera la première à dénoncer son voisin et détourner les lois pour son propre avantage...

Une vraie tour de Babel cet immeuble, qui subira d’ailleurs, tel l’arche de Noé les affres d’un déluge ! « Petit désastre » aquatique qui permettra justement à tous les habitants de ce « petit monde » de chercher à mieux se connaître (au sens étymologique du terme : « naître avec »), pour enfin se reconnaître (re-naître avec…??) Et peut-être vivre ensemble dans un nouveau monde plus humain et tolérant.

Ce film est dur et difficile d’accès. Je le conseille à un public averti et désireux de vivre une expérience humaine (ou spirituelle) forte. On y trouve la passion au sens de l’enfermement, la petitesse de l’homme, la souffrance, l’intolérance, le désarroi, la culpabilité… Heureusement le dernier message est d’espérance…

Pas si étonnant, me direz-vous alors, que ce film soit sorti la semaine du « Kippour » pour le « Grand pardon ».

Alila a permis à Amos Gitaï de retourner avec certains acteurs de sa connaissance, comme Yaël Abecassis qui jouait le rôle de l’un des deux sœurs dans Kadosh Sacre (1999). Son objectif a, paraît-il, été de chercher à montrer le sentiment de promiscuité qui, selon lui, fait partie inhérente de la vie actuelle en Israël : « En Israël, les communautés homogènes de la diaspora… se côtoient, se juxtaposent, chacune essayant de se faire un peu d’espace. Il y a une pénétration constante de l’espace intime de chaque cellule de vie ».

Reste qu’après Kadosh, Kippour (2000) et Kedma (2002), Amos Gitaï signe une nouvelle œuvre historique qui, avec comme toile de fond l’actualité politique en « Terre Promise », révèle avec finesse et simplicité, un formidable message de tolérance… Présage peut-être d’un nouveau chemin attendu pour Israël !


Lucile Burdin
© Jowebzine.com – Octobre 2003

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