|
Le portrait subtil d'une femme d'un autre siècle,
épouse de Gustav Mahler, muse du musicien, mais également
d'éminents artistes de son temps : Gropius, Klimt…
Alma, la fiancée du vent paraît plus proche de
ces "cocottes" qui cherchaient à se dévergonder
que de l’égérie de la vie des salons de
Vienne… mais laissons-lui sa chance ! Alma Mahler, c’est
Sarah Wynter, une actrice connue par les adeptes de la série-culte
de Canal +, 24 heures chrono, qui, grâce à sa
candeur et à sa fraîcheur, nous fait entrer dans
le tourbillon des arts : de la musique à la littérature,
en passant par l’architecture, on valse avec gourmandise.
L’illusion du bonheur par simple induction est palpable
et ne fonctionne pas complètement : la femme fatale
peinte par Bruce Beresford semble éloignée de
la véritable Mme Gustav Mahler et de toutes celles
qui firent tourner les têtes de Gropius, Klimt ou Kokoshka
!
On entend à peine le souffle furieux d’une révolution
féminine qui va transformer le XXe siècle, peut-être
parce que le vent est trop faible…
Mais tout n’est pas si négatif : la reconstitution
historique, les lumières tamisées, comme si
un voile nous brouillait la vue, les couleurs aussi, tous
ces détails confèrent au film un vernis réaliste.
Et combien de femmes riches, adulées, engagées
en politique ou bien dans l’une ou l’autre forme
d’art seraient-elles aujourd’hui prêtes
à rivaliser avec Alma Mahler ? Peut-être assez
peu quand on fait le point : Vienne en 1900 et Paris en 2004
n’ont plus vraiment de choses en commun ! Le désir
et la folie ont migré vers d’autres horizons,
hors des frontières d’Europe, là où
les vents portent en eux les noms de nos rêves et de
nos vies d’aventuriers.
Pour tout vous avouer, si ce film ne réussit pas à
transcender notre vision de 7e art, au moins parvient-il à
nous rendre envieuse d’Alma Mahler : tous ces hommes
autour d’elle, rien que pour elle !
Cécile Maigret
© Jowebzine.com - Mai 2004
|