Un film français de Catherine Corsini
Avec Karin Viard
Eric Caravaca
Jacques Weber
Gilles Cohen
Pyramide - 2007 - 1h30
La
cinéaste Catherine Corsini retrouve Karin Viard après
La nouvelle Eve. Le duo fonctionne à plein régime et
Les ambitieux est un antidote à la morosité d’hiver.
Julien rêve d’être publié. Petit libraire
de campagne, il monte à Paris pour défendre son premier
roman. Là-bas, il est mal reçu par Judith Zhan, éditrice
parisienne jusqu’au bout des ongles. Elle l’encourage
à écrire et mais aussi à la suivre dans son lit.
Julien décide de tout plaquer pour se consacrer à l’écriture.
Il s’inspire du passé trouble de Judith pour devenir
le nouvel auteur à la mode…
Karin Viard est extraordinaire. Elle a tout pour être l’actrice
française. Par exemple, elle a de bonnes copines comme Catherine
Corsini pour lui offrir de beaux rôles, moins stéréotypés
que dans la plupart des productions françaises. La nouvelle
Eve a permis à la comédienne d’exploser dans un
registre tragi-comique.
Judith Zhan est une cousine de l’héroïne de la nouvelle
Eve. Elle est détestable, touchante, adorable, idiote et magnifique.
Sa complexité comble les artifices d’une intrigue assez
simplette mais efficace. Un rôle comme Judith est un cadeau
pour une actrice : Karin Viard a le bon goût de nous gâter,
spectateurs chanceux.
Elle a dans ce film un compagnon tout aussi séduisant. Acteur
discret, Eric Caravaca diffuse une fausse candeur assez irrésistible.
Le duo s’amuse et tire parti de seconds rôles hilarants
: Jacques Weber prend un malin plaisir à singer Guillaume Durand
tandis que Gilles Cohen apporte un brin de folie presque poétique
en intermittent du spectacle énervé !
Les ambitieux est un film fait pour les acteurs et ces derniers rendent
hommage à cette démarche. L’histoire parvient
même à se nourrir de ces personnages : leur complexité
révèle la vacuité du monde de l’édition.
Sur le mode comique, le film démasque la vanité des
intellectuels et la dangerosité des petits pouvoirs.
Le petit monde de l’édition est croqué avec cruauté
et les protagonistes, eux sont bichonnés par une cinéaste
plus inspirée que jamais. Cette dualité fait tout le
charme de cette petite comédie, largement au-dessus du lot.