Un film américain de Phillip Noyce
Avec Michael Caine
Brendan Fraser
et Do Thi Hai Yen
Bac Films - 2003 - 1h40
UN
AMERICAIN A SAIGON
Un bon film qui mêle habilement romance, espionnage et géopolitique
sans tomber dans le simplisme habituel des productions américaines
Indochine, 1952. La France s’enlise dans une guerre coloniale
perdue d’avance malgré l’aide massive des Etats-Unis.
A Saïgon, Thomas Fowler (Michael Caine), honorable correspondant
du Times de Londres, profite des derniers feux d’une vie douce
dans la moiteur tropicale et les bras de sa jeune maîtresse
vietnamienne qui espère le mariage et le départ pour
la lointaine Europe. Mais tout se complique avec l’arrivée
de Alden Pyle (Brendan Fraser), séduisant médecin américain
venu apporter une aide médicale à ce pays en guerre.
Exotisme (géographique et temporel), trio amoureux et manipulations
politiques : en ne choisissant pas entre le film sentimental et le
film d’espionnage, Phillip Noyce tire profit des conventions
des deux genres tout en introduisant une dimension géopolitique
plutôt inattendue. Il est en effet assez rare, dans une production
américaine, de voir la politique étrangère des
Etats-Unis dépeinte sous un jour aussi peu reluisant. La précédente
adaptation du roman du même nom de Graham Greene, réalisée
en 1958 par Joseph L. Mankiewicz, avait d’ailleurs gommé
cet aspect peu flatteur.
Même si l’ensemble reste assez lisse, policé (comme
l’époque et le lieu ?) et prévisible, on apprécie
Un américain bien tranquille pour sa capacité à
nous replonger dans un monde disparu. Pour le reste, plutôt
que la posture "so british" de Michael Caine ou la balourdise
candide du "yankee" Brendan Fraser, c’est le charme
oriental de Do Thi Hai Yen que l’on retiendra…