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     CiNéMa
 
APARTMENT #5C
 
Un film franco-israëlien
de Raphaël Nadjari
 Avec Tinkerbell
Richard Edson
Olga Merediz
Ori Pfeffer
et Jeff Ware

MK2 - 2002 - 1h34
Apartment #5C est le 3e film de Rafael Nadjari, jeune cinéaste marseillais d’une trentaine d’années, émigré aux Etats-Unis, et qui a choisi de changer de vie et de filmer New York avec la flamme d’un émule de John Cassavetes. Je n’ai malheureusement pas vu ses deux films précédents, mais il semble qu’ils avaient les mêmes particularités que celui-ci : filmés caméra à l’épaule avec quelques dollars. Ils bénéficiaient également du même acteur, Richard Edson, vu dans Stranger than paradise de Jim Jarmusch, acteur qui est l’équivalent, pour Nadjari, de la relation entretenue entre Martin Scorsese et Robert De Niro. Edson est un acteur physique, nerveux qui ressemble un peu à Jack Palance et apporte au film beaucoup d’intérêt et d’étrangeté.

Le film débute sur la dérive de deux israéliens (un garçon et une fille) dans la Grosse Pomme. Leur visa touristique est périmé depuis quelques semaines. Ils survivent en braquant des épiceries. Au début, ils vivent à l’hôtel puis ils emménagent dans ce fameux appartement #5C, dans un quartier en ruine et sans glamour. En jouant avec le pistolet qui leur sert pour les braquages, la fille se blesse à la jambe et le garçon décampe. La fille sera soignée et aidée par le "concierge" de l’immeuble (Edson) avec lequel s’ébauchera une histoire.

Il s’agit de la rencontre de deux égarés, deux blessés de la vie ou, pour mieux dire, deux personnes qui ne savent pas où est leur place. La seconde partie du film qui montre leur rapprochement, est émouvante parce qu’on y sent un ton et que la manière de filmer apporte un supplément d’âme au récit...

Cela dit, le film reste boiteux. Il oscille entre le très pauvre et le nouveau riche. Un exemple ? Le très pauvre : l’image granuleuse et de mauvaise qualité. Le nouveau riche : la musique de John Surman, jazzman connu pour son côté planant. En effet, la musique enveloppe trop le film et contredit souvent ce qui est sur l’écran.

Là où le film emporte l’adhésion, c’est dans la noirceur de son propos, dans le personnage du "concierge" ainsi que dans la description des gens qui habitent dans l’immeuble. Cette communauté est remarquablement décrite.

Si vous aimez New York dans ses aspects glauques et dans une atmosphère de déglingue et de violence larvée, si vous aimez le cinéma indépendant produit par MK2, allez voir ce film. Si vous préférez les fantômes et les chiens en 3 D, allez voir Scooby-Doo, c’est à la fois une question de morale et de moral !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juillet 2002
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