Un film américain de Mel Gibson
Avec Rudy Youngblood
Morris Birdyellowhead
Raoul Trujillo
et Dalia Hernandez
Quinta Communication - 2007 - 2h18
Après
Jésus-Christ transformé en steak tartare, il était
normal de se demander si les Mayas n'allaient pas finir en chair à
saucisse dans le nouveau film de Mel Gibson. Présenté
comme une réflexion sur la fin de la civilisation, Apocalypto
semble prétentieux. Il s'agit juste d'une course-poursuite
un peu vaine mais sacrément bien filmée.
Oui, la nouvelle réalisation de Mel Gibson a de vilains défauts.
C'est un peu réducteur de présenter les Mayas comme
une société où s'opposent les ruraux, écolos
et bons vivants, et les citadins, cruels et malades. Le sacrifice
humain n'est pas l'unique particularité de cette civilisation.
Faut-il vraiment encore s'étonner du manque de nuance de la
part de l'interprète de Mad Max ?
De la même manière, la violence fascine Mel Gibson et
elle est très présente dans Apocalypto. Mais elle est
pour une fois plus anecdotique, moins théologique, donc plus
supportable. Là encore, il ne fait pas dans la dentelle et
on peut s'interroger sur son goût pour le réalisme dans
ces moments-là.
Autrement il y a de petits détails historiques qui font tiquer
: la durée du film est exagérée et la musique
est une bouillie de world music insupportable. Autre détail
mais plus personnel: l'interprète principal du film a une fâcheuse
tendance à ressembler à Ronaldhino. Envisager le footballeur
brésilien, en pagne, poursuivi par des Mayas transforme le
suspense en comédie.
Ça sent donc le soufre avec Mel Gibson, mais son film n'est
finalement qu'une partie de cache-cache entre un petit campagnard,
qui veut sauver sa famille et de vilains soldats au service d'un pouvoir
corrompu. Professionnel, Mad Mel film cela avec une énergie
impressionnante. Si le film démarre lentement (un quart d'heure
pour une blague sur une quéquette), la dernière partie
est époustouflante. Comme le héros, on finit essoufflé.
Le réalisateur, en utilisant une caméra HD d'un nouveau
genre, peut coller à ses personnages (qui ont trois poumons
chacun) et la jungle est d'un réalisme inouï. Quand il
le désire, Gibson ébouriffe le spectateur. Sa vantardise
à vouloir dépasser le simple thriller écologique
plombe l'ensemble. C'est bien dommage, sa "forêt d'émeraude"
aurait pu avoir plus d'éclat.