Un film américain de Steven Spielberg
Avec Leonardo DiCaprio
Tom Hanks
Christopher Walken
Martin Sheen
et Nathalie Baye
UIP - 2003 - 2h21
Arrête-moi
si tu peux... ou le destin extraordinaire dun adolescent qui
devient escroc de haut vol, un peu par hasard, aux Etats-Unis dans
les années soixante. Frank Abagnale a seize ans et vit une
adolescence tranquille entre un père commerçant en vue
dans la petite ville de New Rochelle et une mère française
dévouée à sa petite famille. Des ennuis financiers
viennent brutalement perturber leur existence : la limousine est vendue,
la maison également et la mère, supportant mal sa nouvelle
condition, sen va avec le Président du Rotary Club local.
Au moment du divorce, Franck fugue pour ne pas avoir à choisir
entre ses deux parents et il se trouve peu à peu pris dans
lengrenage de lescroquerie, matière en laquelle
il se révèle avoir beaucoup de talent !
Il falsifie des chèques, en fabrique, se fait passer successivement
pour un pilote de la Pan Am, un pédiatre, puis un avocat. Il
extorque ainsi plus de deux millions et demi de dollars, aux Etats-Unis
et dans 26 pays du monde entier. Ce qui, au départ, avait pour
but de rendre à son père largent perdu pour laider
à retrouver sa femme, devient vite un jeu dangereux et grisant
une spirale dont il connaît évidemment lissue mais
dont il ne peut plus séchapper.
À ses trousses sest lancé Carl Hanratty, agent
du FBI, spécialiste de la fraude sur les chèques, personnage
plutôt débonnaire et attachant, mais dont on sent bien
que rien ne pourra le détourner de son objectif : larrestation
de Frank. Un jeu du chat et de la souris débute alors, duquel
les deux hommes tirent un bien malin plaisir.
Remarquables interprétations de Leonardo Di Caprio et de Tom
Hanks, mais qui en sera étonné ? Il faut avouer que
les deux héros sont secondés par de grandes pointures
: rien moins que Christopher Walken, Martin Sheen, Nathalie Baye,
le tout dans une mise en scène de Steven Spielberg. Qui dit
mieux ?
Le scénario, tiré pourtant dune histoire vraie,
est à peine crédible. Mais, porté par tant de
talent, le film fonctionne parfaitement : les personnages sont tour
à tour drôles et émouvants, le rythme est soutenu,
les allers-retours dans le temps et lespace donnent du relief
à lintrigue.
Les spectateurs français seront peut-être un peu agacés
de voir que leur pays na pas le beau rôle. Dans une histoire
où il ny a pas de « méchant », où
les gentils sont même un peu trop gentils, limite naïfs,
Paula, la mère française, quitte son mari au moment
où il est harcelé par le fisc pour refaire sa vie avec
le meilleur ami de celui-ci. Sans parler de la description des prisons
parisiennes, où les détenus sont malades et couverts
de poux tant ils sont mal traités. Enfin, les spectateurs français
plus haut nommés savent ce qui les attend lorsquils vont
voir un film américain et ce nest pas lobjectivité
quils y recherchent en premier lieu... Mais je mégare,
le contexte politique international commence sans doute à me
faire moi-même manquer dobjectivité par rapport
aux Américains...