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     CiNéMa
 
VEER-ZAARA
Un film indien de Yash Chopra

LE SAMOURAÏ DU CREPUSCULE
Un film japonais de Yoji Yamada

A BITTERSWEET LIFE
Un film coréen de Kim Jee-woon
Divertissement. Produit de consommation. Art. Le cinéma a plusieurs définitions, mais reste un formidable moyen d’observer les autres et lointaines cultures à travers leurs fictions. Et depuis 10 ans, les distributeurs nous ont ouvert les yeux sur les (très nombreuses) œuvres venues d’Orient ! Ces derniers temps, elles sont de qualité !


En pleine année de l’Inde, il est tout à fait normal de visionner Veer-Zaara, nouveau blockbuster en provenance de Bollywood. Depuis Laagan et Devdas, la production de l’Inde a su conquérir l’Occident et les plus grands succès ont le droit à une sortie nationale sur nos écrans.

Veer-Zaara c’est donc le spectacle indien dans toute la démesure qui fait l’originalité de ce cinéma populaire. Une sublime avocate pakistanaise s’intéresse, pour son premier procès, au cas d’un indien prisonnier et silencieux depuis 22 ans. Ce dernier retrouve rapidement la parole et lui raconte sa tragique histoire.

Pilote d’hélicoptère, Veer fait la rencontre d’une charmante pakistanaise, Zaara, et des sentiments naissent entre les deux. Malheureusement, elle est promise à un autre homme (un sombre politicien) et le militaire est prêt à tout pour révéler son amour si pur…

Au bout de 190 minutes, tout finira bien pour nos amoureux et l’avocate aura prouvé à la virile société pakistanaise, qu’une femme peut faire le travail d’un homme. Gentiment naïf, Veer-Zaara est l’archétype du film de Bollywood. Résolument optimiste, un peu nationaliste et surtout complètement récréatif !

Ça danse, ça chante, ça remue dans tous les sens. Impossible de s’ennuyer, même face à la surcharge dramatique clairement affichée. Si des tonnes de clichés sont déversées, le film dégage un charme authentique dû à la générosité de la mise en scène, aux sublimes décors, aux exotiques costumes, aux charismatiques acteurs, aux envoûtantes actrices, aux dépaysantes musiques…

Énorme, quelque part entre le kitsch et le génie, le film de Bollywood possède définitivement une qualité incroyable : provoquer une inévitable euphorie chez le spectateur curieux !


Il est conseillé aussitôt de voyager jusqu’en Extrême-Orient, au Japon exactement, en se laissant aller au rythme inattendu du Samouraï du crépuscule. Les amateurs d’hémoglobine et de combats violents vont avoir une mauvaise surprise : loin des clichés sur les samouraïs, ce film, premier d’une trilogie (le second La servante et le samouraï est déjà sorti) s’apparente à une chronique naturaliste sur le quotidien d’un pauvre samouraï.

Le cinéaste Yoji Yamada observe avec une élégance rare et une douce humanité, une histoire très simple qui démythifie cette figure si célèbre qu’est le samouraï. Les faits de guerre sont à peine évoqués, le film se concentrant sur l’émotion. Celle d’un homme qui, maladroitement, jongle avec l’amour et la droiture. Lent, pudique et touchant, Le samouraï du crépuscule plante aisément son sabre vers sa cible : notre cœur !


Plus sophistiqué, A bittersweet life montre les qualités et les limites du cinéma coréen. À savoir un polar hardcore mais incapable d’échapper aux stéréotypes en vigueur. Le savoir faire de Kim Jee-woon (l’inquiétant Deux sœurs) impressionne. Après avoir sauvé la vie de la maîtresse de son boss, un homme de main échappe à la mort et se retourne contre ses employeurs : voilà ce qui est raconté de manière linéaire. Mais le réalisateur multiplie les effets de mise en scène et le style rappelle autant Park Chan-wook (Old boy) que John Woo ou Tony Scott.
Avec de telles références, A bittersweet life est un film nerveux et décomplexé.

Hélas, comme souvent avec les films coréens, l’œuvre suit scrupuleusement les canons de la production mondiale. Le film n’est jamais original et les ruptures de ton ne provoquent rien chez le spectateur si ce n’est de l’agacement de voir l’histoire s'en tenir à un cahier des charges prévisible. Heureusement c’est du bel ouvrage et Bittersweet life profite de son acteur principal, l’excellent Byung Hun-lee.


Trois films venus de loin, trois saveurs différentes et trois plaisirs certains !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Mai 2006
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