Un film français de Emmanuelle Bercot
Avec Emmanuelle Seigner
Isild Le Besco
Noémie Lvovsky
Valéry Zeitoun
et Samuel Benchetrit
Haut et Court Distribution - 2005 - 1h55
Un
film un peu trop long pour un sujet non dénué
d’intérêt, porté par une Isild Le
Besco ébouriffante de puissance et de naturel.
Plutôt que Backstage, Groupie aurait sans doute mieux
convenu pour le nouveau film d’Emmanuelle Bercot. En effet,
comment qualifier autrement la passion dévorante de Lucie
(ex-tra-or-di-nai-re Isild Le Besco) pour Lauren Waks, chanteuse
pour ado, sorte de Mylène Farmer blonde ? Posters grandeur
nature dans la chambre, disques écoutés en boucle…
Lucie ne vit que pour son idole. Au point de basculer dans une
sorte de transe hébétée le jour où
la chanteuse débarque chez elle pour une de ces émissions
de téléréalité dont les chaînes
privées ont fait leur fond de commerce. S’amorce
alors entre la chanteuse (Emmanuelle Seigner) et son admiratrice
une relation trouble et puissante qui atteindra son paroxysme
dans un trio amoureux ambiguë et malsain.
Film de femme par excellence (comme l’étaient les
deux longs-métrages précédents d’Emmanuelle
Bercot - La puce en 1998 et Clément en 2000), Backstage
dégage ce je-ne-sais-quoi qui fascine et irrite à
la fois.
Fascinant, ce film l’est, à n’en pas douter,
tant est grand le talent de la réalisatrice (et de son
actrice principale) à instaurer un climat trouble, épais,
tendu, à des années-lumière du conte pour
midinette que l’on pouvait craindre. Jusqu’au don
de soi ultime qui approche la folie de trop près pour
qu’elle soit tout à fait absente.
Pourtant, Backstage irrite par ses longueurs, son absence de
fil conducteur et ses atermoiements compassés sur les
bleus à l’âme d’une chanteuse de variétés,
tantôt fragile, tantôt odieuse ; et sur le don d’elle-même
et l’aveuglement d’une jeune fille éblouie
par les paillettes d’une star en toc.
Décidémment, Groupie aurait mieux convenu…