Un film français de Pierre Morel
Avec David Belle
Cyril Rafaeli
Tony D'Amario
et Larbi Naceri
Europacorp - 2004 - 1h25
Besson
a choisi son camp : c'est dans le film de baston et de cascade
qu'il a décidé de s'imposer. Sur ce créneau-là,
on ne peut que saluer les qualités de Banlieue 13. Mais
si l'on parle de cinéma…
Décidément, il y a une méthode Luc Besson.
Avec ses qualités et ses défauts, mais une efficacité
indéniable. On aurait adoré détester ce
nouvel avatar d'Europacorp, pourtant l'honnêteté
nous pousse à l'avouer : Banlieue 13 vaut mieux que certains
jugements hâtifs entendus ici ou là.
A commencer par le rythme infernal d'une histoire qui ne ralenti
jamais, et par les cascades et combats époustouflants
filmés avec une réelle virtuosité. Filmés
par qui, au fait ? Comme d'habitude avec Besson, par un réalisateur
issu du sérail (Pierre Morel), parfaitement inconnu du
public et qui a vocation à le rester. Tout comme les
"acteurs", David Belle et Cyril Rafaeli, qui sont
à peu près aussi mauvais comédiens qu'ils
sont brillants cascadeurs. C'est dire…
Malgré ces défauts criants et une morale à
"deux balles" (et à "deux baffes",
d'ailleurs), Banlieue 13 fonctionne exactement comme il se doit
dans ce type de film. On ne réfléchit pas une
seconde, il n'y a pas l'ombre d'un temps mort, les méchants
sont très méchants et les gentils très
gentils (mais aussi très musclés, malins, courageux,
etc.), et surtout, ils gagnent à la fin !
Secouez et servez chaud : le film de baston made in France tient
la route et peut se mesurer sans complexe aux gros bras états-uniens.
Pas forcément rassurant pour le niveau culturel de notre
pays, mais preuve qu'avec un peu de savoir-faire et de volonté,
le cinéma français peut aussi produire des films
"haut de gamme" pour ados décérébrés.
Et en l'écrivant, je me demande si c'est une bonne nouvelle…