Un film français de Jacques Audiard
Avec Romain Duris
Niels Arestrup
Linh-dan Pham
Jonathan Zaccaï
et Aure Atika
UGC Distribution - 2005 - 1h47
Glauque,
noir et malsain : autant de qualificatifs qui conviennent parfaitement
à l’un des meilleurs films français depuis
longtemps. À ne pas manquer.
Voilà le genre de film qui réconcilie avec le
cinéma français. Le genre de film qui ne regarde
pas par-dessus l'épaule du voisin pour capter l'air du
temps et mieux s'y conformer. Le genre de film qui trace sa
route sans se préoccuper d'autre chose que d'être
lui-même.
Depuis Sur mes lèvres, on savait que Jacques Audiard
avait un vrai talent, un univers sombre, compliqué, dans
lequel ses personnages se débattaient sans toujours comprendre
ce qui leur arrivait. Avec De battre mon cœur s'est arrêté,
il prend une nouvelle dimension. Caméra à l'épaule,
toujours dans l'urgence, toujours centré sur son "héros",
il déroule un scénario glauque, malsain, mais
terriblement prenant. Et surtout, il s'appuie sur un Romain
Duris qui dévore littéralement l'écran
et trouve là son premier grand rôle. De ces rôles
qui marquent durablement un acteur… et les spectateurs.
Autant de qualités qui s'appuient sur un scénario
aussi noir qu'impeccable, librement adapté de Fingers
(Mélodie pour un tueur, 1978) avec Harvey Keitel, et
co-écrit par Jacques Audiard et Tonino Benacquista. Et,
là non plus, rien de prévisible dans l'itinéraire
de Tom, "marchand de biens" peu recommandable qui
croise un jour un ami de sa mère disparue, ancienne pianiste
de talent. Cette rencontre changera sa vie. Entre leçons
de piano, rupture avec ses anciennes relations et issue tragique
des magouilles immobilières de son père, c’est
un autre homme qui naîtra du chaos.
Un très bon film, qui prend aux tripes et dont on peut
dire que grâce à lui, un morne dimanche, à
battre mon cœur s’est remis…