Un film américain de Mike Binder
Avec Kevin Costner
Joan Allen
Erika Christensen
Keri Russell
et Alicia Witt
Metropolitan Filmexport - 2005 - 1h55
Quand
le cinéma américain se penche sur le genre "intimiste",
il est capable de ce genre de bonne surprise grâce un
scénario bien écrit et à un duo d'acteurs
exceptionnels.
Quand son mari la quitte un "beau" matin sans un mot
d'explication, le monde de Terry Wolfmeyer (Joan Allen) s'écroule.
Restée seule avec ses quatre grandes filles, elle trouve
un peu de réconfort dans l'alcool, mais surtout dans
la maladroite sollicitude de son voisin Denny Davies (Kevin
Kostner), ancienne star de base-ball, reconverti en animateur
radio… et en vendeur de balles dédicacées.
Première surprise, c'est sur le terrain du drame intimiste
(que l'on croyait réservé au cinéma français)
que se déploie l'univers de ce premier film de Mike Binder,
jusqu'alors plus connu pour ses productions télévisées.
Deuxième surprise, soutenu par le talent éclatant
de Joan Allen (en femme outragée mais combattante), et
celui empâté et roublard de Kevin Kostner (en voisin
prévenant), Les bienfaits de la colère s'avère
tout à fait convaincant. Mieux, alternant drame et comédie,
pleurs et rires, tirades emportées et dialogues piquants,
le film réussit sans peine à nous embarquer dans
cette houleuse traversée du deuil d'un couple défait…
et de sa renaissance dans une autre composition.
On s'accommodera donc des travers inhérents à
ce type de production (aisance financière, banlieue chic,
maisons de 300 m2 et grosses voitures) pour apprécier
la richesse d'une histoire et de ses personnages principaux
et secondaires. Et l'on sera reconnaissant à Mike Binder
d'avoir su épicer son film d'une scène gore d'anthologie
(d'autant plus réjouissante qu'elle est totalement décalée
dans cette production "bourgeoise") et d'un ultime
rebondissement assez perturbant pour l'harmonie générale
d'une histoire somme toute classique.