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BIG FISH

Un film américain de Tim Burton
Avec Ewan McGregor
Albert Finney
et Jessica Lange

Columbia Tristar - 2004 - 2h05
Tim Burton a compris que le cinéma est un art magique. Il nous le prouve une nouvelle fois et nous emmène dans un monde où les histoires que l’on raconte valent largement la vie que l’on mène.


Edward Bloom (Albert Finney) est un vieil homme atteint d’un cancer et qui a passé sa vie à raconter des histoires dans lesquelles il enluminait sa propre existence. Son fils (Billy Crudup), qui vit en France et est marié à la charmante Marion Cotillard, revient dans son Alabama natal pour assister aux derniers jours du vieil homme et tenter de parler avec lui, d’aller au-delà d’une vie pleine de contes.

Tel est l’argument du dernier film de Tim Burton, Big fish. Un film que vous aimerez si votre cœur n’est pas trop rabougri et si vous avez toujours aimé que l’on vous raconte des histoires.

N’écoutez ni les rabat-joie ni les pisse-vinaigre qui prétendent que Tim Burton s’est englué dans la guimauve. Ce sont les mêmes qui flinguent Woody Allen parce qu’il a le tort de faire un film par an. Ce sont eux qui ont porté Burton au pinacle et qui maintenant, comme des petits Mel Gibson de fortune, aimeraient qu’il monte au Golgotha.

Ed Bloom est bien le frère d’Ed Wood ou d’Edward aux mains d’argent. Il est le personnage Burtonien par excellence, c’est-à-dire un inadapté sympathique qui a le tort de croire à ses chimères.

Sur les deux heures cinq du film, les choses se passent de la façon suivante : la première heure est agréable, on n’est pas transporté, mais on suit le film qui est tout à fait plaisant. La deuxième heure, elle, nous transporte. Plus le film avance, plus son scénario est cohérent, plus l’émotion est au rendez-vous. Et il est vraiment difficile lors de la dernière demi-heure de ne pas écraser une larme au coin de sa paupière.

Oui, ce film fait pleurer. Non à cause de sa sensiblerie mais parce qu’il évoque avec intelligence et sensibilité les rapports père-fils : que savons-nous de notre père et est-il si important que cela de connaître la vérité ?

Tim Burton a changé. Il faut l’admettre. Son cinéma n’est plus celui d’un jeune homme qui rue dans les brancards. C’est le cinéma d’un homme de 40 ans qui a perdu son père et qui vient d’avoir un fils. Cinéma de la transmission où l’on fait le point sur le chemin parcouru (les références aux films précédents sont nombreuses) et où l’on rassemble ses forces pour avancer encore plus loin.

On aime certains auteurs parce qu’ils nous accompagnent dans notre vie et que ce n’est pas rien ! On aime Tim Burton parce que, dans ses films, les hommes sont des Pierrots Lunaires et les femmes des apparitions magiques qui transcendent la réalité.

Forêts profondes, villes fantômes, maisons de sorcières, poissons et hommes géants, siamoises et panthère de cirque. Entrez dans cette ménagerie. Vous aurez en plus le plaisir de découvrir Alison Lohmann dont on devrait reparler rapidement.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mars 2004
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