Un film américain de Larry Charles
Avec Sacha Baron Cohen
Ken Davitian
et Pamela Anderson
Twentieth Century Fox - 2006 - 1h30
Borat
est le pire héros que l'on puisse imaginer. Jamais un personnage
principal n'est apparu aussi repoussant. Ce reporter du Kazakhstan
est un type tout simplement odieux. Avant cela, il ne ressemble à
rien. Un gringalet épais comme un pin's, peu à l'aise
avec son corps et sa grande taille. Il a un physique burlesque, celui
d'un coton-tige d'Asie Centrale.
Accompagné d'un producteur obèse et taciturne, Borat
rappelle Laurel et Hardy. Version trash ! Car Borat est antisémite,
sexiste, stupide et prétentieux. Il mérite des claques.
Et il a dû en prendre aux Etats-Unis, pays qu'il traverse de
New York à Los Angeles pour découvrir le pays mais aussi
épouser Pamela Anderson.
Il a dû avoir de sacrés problèmes, car cette comédie
atypique est tournée en caméra cachée. Borat
est un personnage inventé par Sacha Baron Cohen, spécialiste
de l'humour anglais, bien en dessous de la ceinture.
Sa première expérience cinématographique n'avait
pas très bien marché. Son personnage d'Ali G, rappeur
crétin de la banlieue anglaise, n'a pas convaincu et surtout,
en dehors de la Grande-Bretagne, son goût pour la satire hardcore
n'est pas connu. Il y a donc méprise : Sacha Baron Cohen passe
pour un bouffon peu raffiné !
Borat remet les choses à leur place : cet humoriste dynamite
les conventions et les convenances. En réduisant son film à
une ébauche de road-movie, il se concentre sur ses happenings
culottés et démonte avec cruauté l'arrogant american
way of life.
Au début, Borat est amusant. Le décalage entre sa culture
assez particulière et les Américains fait rire agréablement.
Il taquine quelques politiciens. Il s'amuse à la Gay Pride.
Il agace une association féministe. Il embrasse les passants
dans la rue de New York. Mais il y a trop de folie à New York.
Il part donc dans le centre et le sud de l'Amérique. Les habitants
ressemblent plus aux électeurs de George W. Bush. Borat devient
un alter ego complètement cinglé de Michael Moore.
Son personnage se confronte à une société complètement
névrosée. Cela stimule le comique qui va alors très
loin dans la provocation. Plus d'une fois, on s'enfonce dans le fauteuil
en attendant la réaction des gens pris dans les filets du comique.
L'Amérique de la Bible Belt est donc dézinguée
par cet hurluberlu venu d'Angleterre. Son reporter idiot l'est finalement
moins que certaines personnes piégées. La démonstration
est un peu facile, mais la folie débridée et incontrôlable
de Borat font tout le charme très très très particulier
de ce film, à déconseiller de toute façon aux
âmes sensibles !