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     CiNéMa
 
BOWLING FOR COLUMBINE

Un film américain de Michael Moore

Diaphana - 2002 - 2h00
Michael Moore, en réalisant Bowling for Columbine, qui a obtenu le prix du 55e anniversaire du Festival de Cannes, nous prouve par l’absurde que les Américains sont décidément les meilleurs. En effet, il fallait un Américain pour dénoncer avec virulence la maladie mentale des Etats-Unis à propos des armes à feu. Il fallait un Américain pour réaliser ce film qui nous effraie, nous fait réfléchir et nous divertit.

L’anti-américanisme est en fait tellement présent et virulent en France, depuis l’élection de Georges W. Bush que nous avons tendance à prendre les Américains dans leur ensemble pour des abrutis. Michael Moore nous prouve que nous avons raisons mais il nous invite à nous rebeller et à agir. Quand on sort de son film, on a vraiment envie de faire évoluer les mentalités.

Le film est centré sur deux faits divers qui ont défrayé la chronique aux Etats-Unis. La tuerie du lycée de Columbine, à Littleton (Ohio), le 20 avril 1999, où deux adolescents ont tué 15 personnes avant de se suicider. Un petit garçon de 7 ans tuant une de ses voisines de classe du même âge que lui, en mars 2000, dans le Michigan.

À partir de ces faits divers Michael Moore nous entraîne sur différentes pistes. Il réfléchit sur les raisons de la violence dans son pays (plus de 11 000 meurtres à l’arme à feu par an). Il se paye même le luxe de réaliser un dessin animé de deux minutes à la South Park, dans lequel il raconte l’histoire des Etats-Unis vue à travers le prisme de la peur. C’est la peur de l’autre et notamment du noir qui crée une attitude défensive et un repli sur un prétendu cocon.

Je ne vais pas vous raconter toutes les pistes suivies par ce documentaire. Je vous encourage chaudement à le voir parce qu’il est au cœur de nos préoccupations contemporaines. Et lorsque Michael Moore évoque les journaux télévisés qui font leur beurre avec les faits divers et la violence, lorsqu’il montre comment cette violence quotidienne au journal télévisé, entraîne les téléspectateurs dans une psychose de la peur, on n’est pas forcé d’avoir les yeux rivés sur les USA, on peut aussi se demander si nous n’avons pas été victimes du même syndrome avant le 21 mars 2002.

Une dernière chose : allez voir ce film, ne serait-ce que pour la rencontre finale entre Michael Moore et Charlton Heston, le président de la NRA (National Rifle Association) le lobby pour le port d’arme. Heston est à la fois pathétique, borné et bouché… Pauvre Moïse !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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