Michael
Moore, en réalisant Bowling for Columbine, qui a obtenu le
prix du 55e anniversaire du Festival de Cannes, nous prouve par labsurde
que les Américains sont décidément les meilleurs.
En effet, il fallait un Américain pour dénoncer avec
virulence la maladie mentale des Etats-Unis à propos des armes
à feu. Il fallait un Américain pour réaliser
ce film qui nous effraie, nous fait réfléchir et nous
divertit.
Lanti-américanisme est en fait tellement présent
et virulent en France, depuis lélection de Georges W.
Bush que nous avons tendance à prendre les Américains
dans leur ensemble pour des abrutis. Michael Moore nous prouve que
nous avons raisons mais il nous invite à nous rebeller et à
agir. Quand on sort de son film, on a vraiment envie de faire évoluer
les mentalités.
Le film est centré sur deux faits divers qui ont défrayé
la chronique aux Etats-Unis. La tuerie du lycée de Columbine,
à Littleton (Ohio), le 20 avril 1999, où deux adolescents
ont tué 15 personnes avant de se suicider. Un petit garçon
de 7 ans tuant une de ses voisines de classe du même âge
que lui, en mars 2000, dans le Michigan.
À partir de ces faits divers Michael Moore nous entraîne
sur différentes pistes. Il réfléchit sur les
raisons de la violence dans son pays (plus de 11 000 meurtres à
larme à feu par an). Il se paye même le luxe de
réaliser un dessin animé de deux minutes à la
South Park, dans lequel il raconte lhistoire des Etats-Unis
vue à travers le prisme de la peur. Cest la peur de lautre
et notamment du noir qui crée une attitude défensive
et un repli sur un prétendu cocon.
Je ne vais pas vous raconter toutes les pistes suivies par ce documentaire.
Je vous encourage chaudement à le voir parce quil est
au cur de nos préoccupations contemporaines. Et lorsque
Michael Moore évoque les journaux télévisés
qui font leur beurre avec les faits divers et la violence, lorsquil
montre comment cette violence quotidienne au journal télévisé,
entraîne les téléspectateurs dans une psychose
de la peur, on nest pas forcé davoir les yeux rivés
sur les USA, on peut aussi se demander si nous navons pas été
victimes du même syndrome avant le 21 mars 2002.
Une dernière chose : allez voir ce film, ne serait-ce que pour
la rencontre finale entre Michael Moore et Charlton Heston, le président
de la NRA (National Rifle Association) le lobby pour le port darme.
Heston est à la fois pathétique, borné et bouché
Pauvre Moïse !