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     CiNéMa
 
BRAQUAGES
 
Un film américain de David Mamet
 Avec Gene Hackman
Rebecca Pidgeon
et Danny De Vito
 
Warner - 2002 - 1h51
Il faut bien avouer qu’au cinéma, quand on a un peu plus de vingt ans, on a déjà vu tous les films et rares sont les histoires qui nous surprennent. Du reste allons-nous au cinéma pour être surpris ?

Ce préambule est nécessaire car Braquages est un film de genre. C’est un polar et plus précisément, il appartient à la catégorie "Hold-up et préparation du hold-up". Avouons-le : des films de hold-up, quand on aime le cinéma, on en a déjà vu un paquet. Cela dit, si vous avez gardé votre âme d’enfant, si vous aimez qu’on vous raconte une histoire où les retournements de situation sont nombreux et où les apparences sont trompeuses, entrez dans la salle et installez-vous !

Braquages raconte l’histoire d’un truand sur le retour, Joe Moore, ayant dépassé (largement) la soixantaine et interprété par Gene Hackman. Joe Moore et ses acolytes viennent de réaliser un braquage particulièrement audacieux. Mais l’homme pour qui il travaille (Danny De Vito, très bien en personnage odieux) refuse de lui donner sa part du butin et l’oblige à effectuer un autre hold-up en intégrant dans l’équipe son neveu. A partir de là, la seule question qui importe est : qui va rouler l’autre et comment va-t-il y parvenir ?

Le scénario est brillant et retors. Ça n’est pas une surprise. Mamet est l’un des plus grands auteurs de théâtre contemporain. C’est aussi par exemple le scénariste des Incorruptibles de De Palma. C’est également l’auteur de plusieurs très bons films, dont Engrenages et La prisonnière espagnole. Il possède du savoir-faire et du métier.

Ce savoir-faire et ce métier permettent à leur auteur de bâtir une intrigue, propre à nous tenir en haleine. Il y a dans son film quelques scènes qui clouent le spectateur dans son fauteuil, un suspense et une tension qui ne faiblissent pratiquement pas. Il y a aussi un désabusement, comme si ce qui était raconté était en même temps extrêmement important et vraiment futile. Le tout magnifiquement incarné par Gene Hackman, ici dans un rôle qui aurait pu convenir à Clint Eastwood ou Paul Newman. Les grands acteurs américains ne sont jamais meilleurs qu’en interprétant des truands vieillissants qui tentent un dernier coup avant de se retirer.

Un film vraiment recommandé avant de passer aux choses sérieuses, la semaine prochaine, en allant voir Ocean’s eleven avec George Clooney.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2002
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