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     CiNéMa
 
BRIDGET JONES : L'ÂGE DE RAISON

Un film américain de Beeban Kidrom
Avec Hugh Grant
Renée Zellweger
et Colin Firth

Mars Distribution - 2004 - 1h40
Un deuxième volet outrageusement "américanisé" des (més)aventures de Bridget Jones qui ne réussi qu'à mettre dans l'embarras un trio d'excellents acteurs qui se demande ce qu'il fait là…


Bridget Jones n’a pas vraiment l’âge de raison (!) et pour Beeban Kidron - réalisateur américain - la réussite est encore loin. En effet, tout le monde attendait avec impatience la suite des mésaventures de cette trentenaire maladroite jusque dans la démesure… tout l’humour britannique de nos voisins si formidablement servi par Colin Firth et Hugh Grant. Quant à Renée Zellweger, son accent texan oublié, elle donnait forme à cette icône fin de millénaire, coincée entre des avatars d’aristocrates londoniens, des chroniqueurs du petit écran ou ses "copines"…

Mais voilà, on tombe de haut ! Peut-être les premières images de ce deuxième volet étaient-elles prémonitoires - Bridget s’englue dans une fosse à purin à la suite d’un saut en parachute raté ! N’oublions pas que nos cousins d’Amérique n’ont pas toujours la même perception des choses que nous et les gaffes qui jalonnent le parcours amoureux et chaotique de Bridget sont désolantes, voire pathétiques.

En effet, le film nous jette dans le milieu des rêves - couleurs guimauve pour une Bridget en robe de taffetas et cheveux en bataille pour Mark - et des cauchemars réactivés par ces affreux dîners de famille qui reviennent comme les saisons, à moins que ce ne soient quelques sorties mondaines avec migraine assurée. Il y a trop de clichés, des pages du roman étrillées par des scènes où tout ce qui était amusant et plaisant devient ennuyeux et gênant… On a mal pour tous ces acteurs formidables !

Hugh Grant, attendu par des milliers de fans hystériques est terriblement cynique et elles peuvent fondre en le voyant apparaître sur un écran de télévision - tiens, une mise en abîme ? - avant de réellement succomber au charme irrésistible de Colin Firth. Oui, je l’avoue, il est sublime en avocat guindé et maltraité par sa petite copine qui ne comprend décidément rien à l’amour… Il est fragile, délicat, maladroit et pour Bridget, il accepte d’être incompris et humilié. Quelle femme ne rêverait pas d’avoir un tel boy-friend, prêt à traverser la moitié de la planète pour la sortir d’une prison thaïlandaise ? Sa patience nous oblige à la même rigueur, à cette attente insoutenable : va-t-il la demander en mariage ? Renée Zellweger en a de la chance… Etre aussi mal attifée et pourtant si désirable !

Les hommes ne viennent-ils pas de Mars et les femmes de Vénus ? Sans doute est-ce pour cela que le roman d’Helen Fielding avait la magie d’une écriture intimement féminine, alors que cette production cinématographique n’est qu’une mascarade hollywoodienne… Colin Firth a raison de refuser un troisième volet à notre chère Bridget : laissez-nous donc le temps de trouver notre Mark Darcy, d’oublier Daniel Cleaver et, surtout, de grandir un peu !


Cécile Maigret
© Jowebzine.com - Décembre 2004
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