Un film américain de Larry Clark
Avec Brad Renfro
Rachel Miner
Nick stahl
et Bijou Phillips
Don Murphy - 2001 - 1h51
Difficile
de résumer lhistoire de Bully
On pourrait facilement réduire le film à lhistoire
dune bande de jeunes qui tuent lun des leurs et sattendre
à une copie de Souviens toi lété dernier,
ou autre film de jeunes assoiffés de meurtres et de vengeance.
Mais Bully na rien à voir avec ces films à suspens
et à gros budget et lobjectif avoué du réalisateur
est dapporter le témoignage sur une jeunesse américaine
décadente, sorte danti-Beverly Hills. Il sagit,
en fait, de la version filmée dun fait divers survenu
aux Etats-Unis, qui a conduit, en 1993, un jeune de vingt ans à
la chaise électrique et la plupart de ses complices à
une prison à vie.
Bully, cest en fait lhistoire, comme son nom lindique
de "voyous". Marty et Bobby semblent inséparables,
liés depuis lenfance par une amitié perverse.
Ensemble, ils passent leurs après-midi à surfer, à
boire et à fumer. Marty et Bobby sont presque dépendants
lun de lautre, et cest cette exclusivité
qui va pousser Marty à haïr son compagnon au point de
préparer sa mort.
Dès les premières images, on comprend que le réalisateur
ne cherche pas à excuser cette jeunesse décadente, ni
même à expliquer ce qui peut pousser une bande de jeunes,
sans ambition et visiblement dépourvus de toute intelligence,
à tuer lun des leurs. Larry Clark se contente simplement
de montrer les faits et il le fait bien, en utilisant sa caméra
façon "cinéma-vérité" et sans
abuser deffets de mise en scène.
Cest peut-être la raison pour laquelle Bully est un film
qui dérange. On ne peut sempêcher de trouver que
toute cette histoire est stupide, autant que les protagonistes, pseudo-Eminem
assoiffés de sexe et dacides, qui semblent ne pas comprendre
la gravité de ce quils ont fait à lun des
leurs et parlent du meurtre quils ont commis comme du dernier
jeu vidéo auxquels ils viennent de jouer.
Au final, Bully porte à réflexion. Ces jeunes sont-ils
vraiment des voyous ou victimes dune société ?
Peuvent-ils être tenus pour responsables de leurs actes ou excusés
par leurs conditions familiales ou par des problèmes sous-jacents
que le réalisateur nous laisse entrevoir (homosexualité
non assumée, violence familiale, problèmes scolaires )
?
Quoi quil en soit, pour la justice américaine, la conclusion
est sans appel et cest peut-être là, finalement,
que le réalisateur cherche à susciter notre interrogation.