BAILLE
BAILLE LOVE
À trop vouloir refaire une comédie sentimentale à
la mode 60’, Peyton Reed a tourné un film poussif et
sans âme dont l’intérêt essentiel se trouve…
dans ses décors
Décidément, nos amis américains ont un vieux
problème de nostalgie. À force de se gaver de comédies
romantiques désuètes, ils finissent par perdre leurs
repères et par s’obstiner dans une sorte de régression
affective. À la mode, ces temps-ci : les golden-sixties !
Cette époque merveilleuse où tout était rose,
où les gens étaient riches, gentils et polis, où
tout le monde était heureux !
Après
Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg, qui avait au moins
le mérite d’être inspiré d’une histoire
réelle et de ne pas occulter la « vraie vie »
de l’époque, voici Bye bye love qui se concentre exclusivement
sur les clichés les plus horripilants de la célébration
des années 60 version aseptisée.
Une
bluette obsolète
Donc,
Renée Zellweger, en auteur à succès, aligne
son impressionnante collection de costumes plus rose bonbon les
uns que les autres. Ewan McGregor en journaliste séducteur
cabotine à tour de bras pour bien faire comprendre qu’il
est séduisant. Et les comparses de cette bluette obsolète
endossent les habits les plus caricaturaux qu’il se puisse
imaginer pour bien camper leurs personnages.
On
aurait aimé un film léger transposé de ces
comédies sentimentales de l’après-guerre dans
lesquelles excellaient Doris Day ou Cary Grant. On n’a malheureusement,
en guise d’hommage, qu’une machinerie poussive qui a
dépensé toute son énergie à copier décor
pour décor, costume pour costume et plan pour plan, des modèles
d’une autre époque. On a l’impression d’assister
à la reconstitution fantasmée d’un passé
supposé meilleur. Mais tout ça sent son parc d’attractions
à plein nez. Du coup, aucun charme ne se dégage de
cette entreprise où même les dialogues sont d’une
crétinerie affligeante.
Voilà
bien un film auquel il faut effectivement dire bye bye !
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2003
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