Un film américain de Kerry Conran
Avec Jude Law
Gwyneth Paltrow
Giovanni Ribisi
et Angelina Jolie
UIP - 2005 - 1h46
Il
ne faut pas flinguer un réalisateur qui a mis des années
à faire son premier film. De là à en dire
du bien...
Dans une ville qui évoque autant Londres que New York,
dans une époque imaginaire qui bascule des années
1930 aux années 1940, la grande ville est attaquée
par des monstres d’acier, des robots qui menacent de détruire
la civilisation. Polly Perkins, une intrépide journaliste
(Gwyneth Paltrow) fait équipe avec le sémillant
Capitaine Sky (Jude Law) pour lutter contre une machination
ourdie par l’odieux et allemand professeur Totenkopf.
Voilà la trame bien mince sur laquelle Capitaine Sky
et le monde de demain a été bâtie. L’intérêt
principal du film est ailleurs. Kerry Conran, le réalisateur,
a mis presque autant de temps à faire financer son film
qu’à le réaliser. Toutes les scènes
avec les acteurs ont été tournées sur un
fond bleu, permettant par la suite, l’incrustation des
images.
Quand le film commence, on ne peut s’empêcher de
penser que tout cela sonne faux. Le jeu des acteurs est raide.
Les décors sont parfois magnifiques, mais leur irréalisme
nous laisse de marbre. N’oublions pas la musique omniprésente
qui aurait tendance à nous scier les oreilles.
Cependant, il faut reconnaître qu’à certains
moments on se laisse prendre par le délire visuel. Il
faut reconnaître également que le côté
science-fiction du passé (un peu comme dans Les mystères
de l’Ouest avec Will Smith) ne manque pas de charme.
Pour ceux qui ont grandi dans les années 60 et 70 du
vingtième siècle, ce film évoquera autant
Blake et Mortimer que Buck Danny. Si vous êtes sensible
à une nostalgie à deux francs cinquante et à
une ligne claire, pourquoi pas…?
Mais il faut avouer que le scénario tenant sur un demi-timbre
poste et les acteurs étant réduits à des
stéréotypes figés, le plaisir a ses limites.
Dans le genre "recréation des films de genre",
il est permis de garder toute sa tendresse pour le premier Indiana
Jones.