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     CiNéMa
 
CASINO ROYALE

Un film américain de Martin Campbell
Avec Daniel Craig
Eva Green
Giancarlo Giannini
Judi Dench
et Mads Mikkelsen

Gaumont Columbia - 2006 - 2h18
Sean Connery reste la référence. George Lazenby relève de l’anecdote. Roger Moore fait le clown. Timothy Dalton sombre dans la déprime. Pierce Brosnan retrouve le flegme original. Que va donc faire Daniel Craig, surnommé James Blonde, dans le rôle de l’agent secret au service de sa Majesté ?


Voilà la grande question et le principal enjeu de Casino Royale, adaptation du premier roman de Ian Fleming. Loin de la célèbre parodie de John Huston, cette nouvelle version permet de retrouver un Bond plus proche des livres. Cela permet donc à Daniel Craig d’être introduit dans le célèbre rôle.

Malgré ses mèches blondes, le comédien rassure. Certes, il fait parfois penser à un mannequin mais son physique atypique, ses yeux bleus et son visage anguleux arrachent le spectateur aux habitudes. C’est un sacré balèze, érotisé au maximum. Il sort de l’eau comme Ursula Andress ou Halle Berry. Avec son corps, il pourrait poser pour le fameux calendrier du Stade Français. À côté, les James Bond girls semblent bien frileuses.

C’est un James Bond contemporain, mais le film, lui, revient aux bases. Comme dans le roman, Casino Royale raconte les premiers faits d’armes de l’agent secret. C’est donc un James Bond fougueux qui affronte ici Le Chiffre, un dangereux financier du terrorisme et amoureux du poker.

Bond ne sauve pas le Monde d’un péril spectaculaire, mais découvre le métier. Froid face à ses adversaires, il se compromet émotionnellement avec les femmes. Trop romantique, James Bond va payer cher cette toute première aventure. Le film explique l’esprit implacable du personnage.

Le spectacle n’est pas si old school que cela ! Martin Campbell, déjà réalisateur de Golden eye, assure le spectacle. Le prologue est filmé dans un élégant noir et blanc. Suit une magnifique course-poursuite à Madagascar où le héros se fait méchamment bizuter par un yamakazi survolté. Daniel Craig a le droit de se reposer dans une intrigue soutenue, assez palpitante mais un peu longuette.

La faiblesse vient de la relation entre James Bond et sa banquière, la belle Vesper Lynd (Eva Green parfaite). Là, le cinéaste a du mal à échapper au roman-photo ridicule. Heureusement l’action reprend très souvent ses droits. D’ailleurs, avec ses cascades à la Rémi Julienne, sans effet spécial, et ses poursuites pédestres, le film possède le charme des premiers épisodes.

Les fans pourront toujours s’indigner des placements de produits qui parasitent l’histoire mais d’une manière générale, Casino Royale se range parmi les meilleurs opus de la saga d’espionnage : c’est "la revanche d’un blond" !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Novembre 2006
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