Un film américain de David R. Ellis
Avec Kim Basinger
Chris Evans
Jason Statham
et William H. Macy
Metropolitan Filmexport - 2004 - 1h34
C'EST
NULLARD
Un pseudo-thriller de troisième zone qui recycle à
l'infini les recettes usées jusqu'à la corde d'un
cinéma d'action que l'on espérait disparu depuis
longtemps.
Une bande de malfrats ultra-violents kidnappe une paisible mère
de famille puis son jeune fils pour récupérer
une vidéo compromettante tournée (par hasard)
par le mari, agent immobilier de son état. Séquestrée
dans le grenier d'une maison isolée, la mère de
famille réussit, en tripatouillant les fils d'un téléphone
cassé, à entrer en contact avec un jeune homme
qui va tenter de les sortir de ce mauvais pas tout en multipliant
les prouesses pour que la liaison téléphonique
ne soit pas coupée et le lien perdu !
Luxueuse american way of life, poursuites en voitures, omniprésence
de la marque Nokia, star vieillissante, accumulation consternante
d'invraisemblances, flics ripoux et happy end… Le spectateur
doté d'un cerveau en état de marche ne sait pas,
à l'issue de la projection, s'il doit rire ou pleurer
du spectacle offert (à 9 euros la séance, c'est
une façon de parler) par David R. Ellis.
A moins qu'il ne faille envisager Cellular sous un autre angle…
Hypothèse : et s'il s'agissait d'une méthode pédagogique
destinée aux réalisateurs néophytes (dont
fait partie David R. Ellis, jusqu'à présent plus
connu comme cascadeur) ? Tous les clichés sont en effet
réunis, concentrés en 90 minutes de pur "classicisme".
Rien n'y manque qui, depuis 30 ans, n'ait été
déjà vu cent fois sur grand et petit écran
!
Jusqu'à la scène finale réunissant tous
les protagonistes de cette sombre affaire : la police enfin
arrivée à la rescousse (après la bataille,
comme il se doit) toutes sirènes hurlantes, les méchants
que l'on emmène menottés, la petite famille qui
se retrouve enfin et la mère qui se détache un
instant des siens pour aller manifester sa gratitude à
leur sauveur qui se remet de ses émotions un peu plus
loin. "Je ne sais pas comment vous remercier, dit-elle.
Si je peux vous rendre un service, n'hésitez pas."
"Oui, répond le sauveur en souriant, surtout ne
m'appelez plus jamais !" Ah ah ah ! Décidément,
quelle finesse, quel humour, quelle spiritualité ces
américains… Vous avez dit pathétique ?