Un film français de Xavier Giannoli
Avec Cécile de France
Gérard Depardieu
Mathieu Amalric
Christine Citti
et Patrick Pineau
Europacorp Distribution - 2006 - 1h52
Une
stagiaire d’agence immobilière tombe sous le charme désuet
d’un chanteur de bal. Xavier Giannoli réunit des acteurs
sublimes, mais s’attarde un peu trop sur eux.
Alain Moreau est une star dans sa région. Avec son orchestre,
il anime des bals, des conventions et des soirées. Alors que
la profession est malmenée par l’avènement du
karaoké, Alain Moreau, gentil et inépuisable, subsiste
tant bien que mal. Un soir, il fait la rencontre de Marion, une jolie
jeune femme au caractère bien trempé. Malgré
la grande différence d’âge, les deux êtres
s’observent, se jaugent et peut être s’aimeront-ils…
Xavier Giannoli est un tendre. Son troisième film confirme
un réalisateur affectueux, jamais ingénu et assez audacieux.
Inutile de dire que son héros n’est pas le ringard qu’il
semble être. Le réalisateur admire la passion qui habite
ce chanteur, ravi d’offrir quelques instants de plaisir aux
amateurs de danse. Il scrute aussi la solitude qui se cache derrière
ce dévouement. Pour l’occasion, Giannoli permet à
Gérard Depardieu de prouver qu’il sait encore composer
des personnages. En quinquagénaire amoureux, Depardieu rend
le spectateur complètement fleur bleue. Tant de générosité
doit être récompensé par un peu d’amour.
Alain Moreau a bien raison de s’accrocher à Marion, la
stagiaire farouche. Cécile de France lui apporte tout son charme
et son énergie. Marion est finalement, elle aussi, une solitude,
incapable de gérer ses sentiments et même sa vie. Ces
deux-là étaient faits pour se rencontrer, mais peuvent-ils
rester ensemble ?
Voilà la terrible question du film. Sensible, Giannoli a la
bonne idée de convoquer des acteurs parfaits. Autour du duo
de stars, Christine Citti, Mathieu Amalric et le génial Patrick
Pineau transcendent les seconds rôles. Il y a une vraie humanité
qui transpire du film.
Cependant le cinéaste s’emporte. Comme dans une comédie
sentimentale américaine, l’intrigue se limite rapidement
à une simple question : vont-ils s’aimer ou éternellement
se louper ? Certes, le point de vue est moins schématique que
dans une comédie avec Meg Ryan ou Sandra Bullock, mais Xavier
Giannoli n’en finit plus de filmer les deux cœurs solitaires.
La mise en scène en devient répétitive. Cette
façon de faire rentrer les comédiens, tout doucement,
dans le cadre, avec le regard attendri, fini par faire sourire avant
d’agacer puisque ce plan devient systématique. Trop long,
Quand j’étais chanteur reste touchant : Depardieu offrant
quelques grammes de tendresse dans un monde de brutes, reste un spectacle
inattendu !