Un film américain de Rob Marshall
Avec Renée Zellweger
Catherine Zeta-Jones
et Richard Gere
TFM - 2003 - 1h55
En
1929, aux Etats-Unis, les cabarets-spectacles connaissent un succès
florissant, et à Chicago ce sont deux surs qui tiennent
le haut de laffiche. Or un jour, lune, Velma, tue froidement
lautre (ainsi que lhomme qui est au milieu), et se retrouve
en prison. Le soir-même de son dernier show, dans la salle,
la plus émerveillée des spectateurs est Roxie, jeune
épouse à qui son amant fait miroiter une carrière
dans le music-hall. Découvrant quil la bernée,
elle labat évidemment de quelques balles bien placées,
quelques heures après.
Cest ainsi que se côtoient Velma Kelly et Roxie Hart,
dans le couloir des tueuses de la prison pour femmes de Chicago, sous
la protection vénale de Mama. Cette gardienne-conseillère
leur assure notamment, moyennant quelque astronomique somme par-ci
par-là, lappui du célèbre Billy Flynn,
meilleur avocat de Chicago qui excelle dans lart de manipuler
les médias pour servir ses procès. Roxie se retrouve
dès lors à la une des journaux, prisonnière la
plus populaire du moment, volant la vedette de sa désormais
rivale Velma.
Et, comme si toute cette histoire nétait quune
vaste comédie musicale, les acteurs de laventure chantent
tour à tour leurs malheurs, leur rêve de succès,
leur désespoir ou leur joie, alternant avec les scènes
de la "vraie" vie.
Sans doute emportée par la folie des paillettes, Renée
Zellweger pulvérise littéralement le costume de la vieillotte
et boulotte Bridget Jones qui lui collait à la peau, pour interpréter
plutôt brillamment son rôle de blonde pimpante et reine
de la nuit. Catherine Zeta-Jones est parfaite comme rivale jalouse,
rôle qui étrangement revient toujours à la brune
(pourquoi au fait ?), et, ensemble sous les projecteurs, elles dansent
et chantent comme si elles avaient fait ça toute leur vie.
Le pauvre Richard Gere (qui a reconnu détester les comédies
musicales avant de tourner Chicago), du coup, a du mal à suivre,
et sa première apparition en tant que "Dieu du music hall
le ridiculise plus quautre chose, comme cela arriverait sans
doute à tout célèbre avocat dansant en marcel
et caleçon sous les feux de la rampe. Disons quon a connu
ce bon vieux Richard plus digne, mais on ne peut pas être parfait
tout le temps. Il se rattrape néanmoins dans une éblouissante
plaidoirie-danse de claquettes qui signe la libération de Roxie.
Le tout est bien rythmé par des musiques entraînantes,
voire persistantes (Mister Cellophane, ou la complainte du mari transparent,
ne me quitte pas depuis trois jours, mais ça va, je le vis
bien).
Dans la nouvelle vague des comédies musicales, linsupportable
pression médiatique actuelle nous oblige à préciser
que ce film nest surtout pas à comparer avec Moulin Rouge,
comme on a pu lentendre, puisque de par leur scénario
même, ils ne sont pas comparables. Et si on les comparait, on
en viendrait fatalement à avouer que Chicago nest pas
aussi flamboyant ni magique, ce qui découragerait davance
le cinéphile indécis, alors que franchement, on na
jamais voulu tenir des propos aussi accablants, loin sen faut
! Et quant à ceux qui croient exécrer le genre musical,
Chicago mérite leur attention. Regardez Richard Gere, il a
lair de sêtre bien amusé finalement, non
?