Un film français de Jérôme Bonnell
Avec Serge Riaboukine
Valérie Stroh
Hubert benhamdine
et Nathalie Boutefeu
Diaphana - 2002 - 1h36
Le
Chignon dOlga est le premier film de Jerome Bonnell, un jeune
réalisateur de 25 ans et parle de choses essentielles, les
montre, avec délicatesse et retenue.
Le sujet est simple : quelque temps après la mort de leur mère,
un frère et une sur de vingt ans passent leurs vacances
dans la maison familiale, qui se trouve dans la Beauce. Julien, le
garçon, tombe amoureux dune jeune femme qui travaille
dans une librairie et qui coiffe ses cheveux en chignon. Elle sappelle,
vous laurez deviné, Olga. Ce film traite donc en même
temps du deuil dun proche et de tout ce qui concerne le travail
nécessaire du deuil, en quoi nos vies sen trouvent affectées.
Il traite également du désir amoureux quil soit
adulte ou adolescent.
Évidemment, si votre film préféré est
celui où la femme de Stallone se fait poignarder et éventrer
avant que celui-ci ne pète la gueule et les rotules des dix
salopards qui ont fait ça, je doute que vous appréciez
Le chignon dOlga. Cest un film au rythme tranquille, qui
prend le temps dinstaller les lieux, les caractères.
On entre dedans peu à peu. Ce sont les choses qui y sont dites
et la manière pleine de tact de les montrer qui entraînent
notre adhésion.
Jai beaucoup aimé lamie un peu plus âgée
de Julien, Alice interprétée par Nathalie Boutefeu.
Elle est, pour paraphraser un titre de Truffaut, la fille dà
côté, celle qui a des amours galères dont il faut
la consoler. Lactrice est pétillante, originale et les
rapports qui lunissent à Julien sont bien rendus dans
leur évolution. Du reste, la qualité de jeu des acteurs,
la manière dont ils incarnent leurs personnages, est rare dans
le cinéma français. Aucun "sur-jeu", plutôt
un souci de véracité. Serge Riaboukine, Valérie
Stroh Vous connaissez leurs visages, vous les reconnaîtrez.
Lacteur principal qui interprète Julien (Hubert Benhamdine)
fait formidablement passer les doutes et les rêves qui lhabitent.
Il est pianiste, sans doute doué, mais depuis la mort de sa
mère, il ne joue plus. Encore une fois, rien de lourd, rien
qui ne pèse ou ne pose. En fait, plus jy pense, plus
ce film a une petite musique. Et les petites musiques valent toujours
mieux que les gros puddings pleins de crème Chantilly.
À film modeste, sortie modeste. Prenez les chemins de traverse
et allez dans une des salles où il est distribué (peut-être
au moment où sortira cette chronique nen restera-t-il
quune sur Paris ?).