Un film américain de Ridley Scott
Avec Josh Hartnett
et Ewan mcGregor
Columbia Tristar - 2002 - 2h23
En
1993, larmée américaine mène des opérations
de maintien de lordre en Somalie. Son but : sécuriser
laide alimentaire prodiguée par les ONG et, accessoirement,
capturer le principal chef de guerre afin de faire cesser la guerre
civile qui saigne le pays. En octobre, avertis dune réunion
regroupant les principaux leaders dune milice, les Rangers et
la Force Delta lancent une opération coup de poing dans Mogadiscio,
la capitale. Elle ne doit durer quune heure. Elle ne sachèvera
que le lendemain. Accrochés par des miliciens somaliens rageurs,
les soldats américains subiront de lourdes pertes : 19 au total
(contre un millier de morts somaliens), et deux hélicoptères
perdus (les fameux Faucons noirs). Une débâcle qui précipitera
lévacuation de la Somalie par les forces US.
En près de deux heures et trente minutes, cest une hallucinante
plongée dans lenfer somalien qui attend le spectateur.
Caméra à lépaule, Ridley Scott filme avec
maestria une guérilla haletante. Les miliciens somaliens surgissent
de partout, en nombre toujours plus impressionnant, mains nues ou
juchés sur de sommaires pick-up équipés de mitraillettes.
En infériorité numérique, les forces américaines
répondent tant bien que mal (plutôt bien, dailleurs,
vu le déséquilibre des pertes enregistrées dans
chaque camp ). Bref, ça défouraille à tout
va, sans lonce dun répit.
Mais cest justement là où ce film atteint sa limite.
Le contexte historique et politique ? Il est évacué
du propos. La position des têtes pensantes de Washington ? On
nen sait rien. Les états dâme des soldats
? On lévoque à peine. La position des Somaliens
? Elle ne doit pas présenter dintérêt, puisquelle
napparaît pas ou si peu.
En revanche, les figures imposées dans tout film de guerre
américain sont bel et bien là. Ridley Scott noublie
rien de la virile amitié entre les Rangers, de la solidarité
sans faille lorsque lun des leurs est blessé ou encore
de la supériorité technique de larmée américaine
(pour peu quon lui donne la chance de sexprimer hors du
guet-apens qua constitué lopération de Mogadiscio
Ainsi, lorsque la cavalerie arrive au petit matin, lOncle Sam
reprend le dessus sans coup férir !). À cet égard,
le film apparaît un peu sommaire. Mais, visuellement, il ny
a rien à dire