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Film rock, portrait de femme, peinture d'un milieu et d'une
époque… Clean est tout cela à la fois, et même
un peu plus grâce au talent conjugué d'Olivier Assayas
et de Maggie Cheung.
Vous rêviez d'un film rock ? Olivier Assayas l'a fait. Pas
en saturant l'image de groupes tonitruants et vociférants,
pas en alternant scènes de répet' et scènes
de concerts, pas en nous faisant le coup des petites pépées
et des chambres d'hôtel dévastées par des rebelles
qui couchent au Ritz… Non, Olivier Assayas l'a fait sobrement
et d'autant plus efficacement que sa caméra et son scénario
se sont attachés à la vérité, souvent
glauque, plutôt qu'à l'imagerie pop(ulaire).
Clean, c'est l'histoire d'Emily (Maggie Cheung), la compagne de
Lee, un musicien de talent qui a quelques albums à son actif,
une vraie réputation, mais un succès commercial proche
du néant. Lee et Emily, zonent de concerts en concerts dans
des clubs indignes jusqu'au drame. Cette nuit-là, dans un
motel canadien, Lee meurt d'une overdose après une dispute
avec Emily. Après 6 mois de prison, Emily décide de
décrocher pour récupérer son fils resté
à la garde de ses grands-parents. Son chemin vers la lumière
commence…
Film dur et émouvant, Clean est à la fois la peinture
d'un milieu et un portrait de femme superbe. Confrontée à
ses contradictions, à son désir de changer de vie
et à la force d'attraction de la drogue, le personnage de
Maggie Cheung est inouï de volonté et de faiblesse.
Et comme son alter ego masculin, Nick Nolte (dans le rôle
du grand-père de son fils) incarne lui aussi un rôle
comme on en voit peu au cinéma, le résultat est au-delà
des espérances.
Clean, le grand film de cette rentrée 2004.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2004
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