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     CiNéMa
 
THE COAST GUARD

Un film coréen de Kim Ki-duk
Avec Jang Don-gun
Park Jee-ah
et Yoo Hae-jin

Pretty Pictures - 2004 - 1h31
Violence, folie meurtrière… Avec The coast guard, Kim Ki-duk installe le spectateur dans un film au climat lourd et malsain dont il ne ressort pas indemne.


La belle aventure se poursuit pour Kim Ki-duk qui, fort du succès critique de Printemps, été, automne, hiver… et printemps, sorti en France avant l'été, se voit offrir une nouvelle chance avec The coast guard, tourné il y a deux ans, mais non distribué en Europe à l'époque.

Rien d'étonnant, donc, à ce que l'on découvre aujourd'hui un film très différent du poétique et éthéré Printemps, etc. The coast guard joue en effet sur un registre plus rugueux, prenant pour cadre la rude existence des conscrits coréens en charge de protéger leurs côtes contre une éventuelle agression de l'ennemi du Nord. Les exercices militaires ont pris la place des méditations spirituelles et la folie meurtrière celle de voie de la sagesse.

En effet, cette violence exacerbée est le mode de fonctionnement habituel de la garnison confinée et paranoïaque qui doit protéger ses compatriotes peu amicaux d'un invisible envahisseur. Et c'est sous la pression d'un endoctrinement intensif que le jeune Kang, soldat un peu plus "motivé" et fragile que les autres, ouvre le feu, une nuit, sur un couple qui s'était aventuré en zone interdite.
Le soldat ne se remettra jamais de cette expérience traumatisante et sombrera dans la folie, tout comme la jeune femme qui était sur la plage cette nuit là et a vu mourir son amant dans ses bras. Ce sont ces deux folies parallèles que Kim Ki-duk s'attache à peindre crûment au travers de leurs errances aux alentours du lieu de leur drame commun.

Pourtant, The coast guard reste inégal, faisant alterner scènes de tragédie pure et effets comiques étranges qui instaurent un climat lourd. A l'instar des personnages, le spectateur tend à sombrer dans une (légère) schizophrénie qui le fait alterner rires nerveux et malaise palpable.
Bref, si l'on veut garder ses amis, on réservera ce film aux soirées solitaires et cinéphiles…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2004
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