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     CiNéMa
 
LA COLLINE A DES YEUX

Un film américain de Alexandre Aja
Avec Aaron Stanford
Emilie de Ravin
Dan Byrd
Robert Joy
Ted Levine

Fox - 2006 - 1h42
Encore un remake de la glorieuse période du cinéma d’horreur, les années 70 !
Alexandre Aja, responsable du sanglant Haute Tension, s’exporte et n’a rien perdu de sa verve. Une très heureuse surprise pour les amateurs du genre.



Dès qu’un cinéaste français s’envole pour Hollywood, le chauvinisme fait résonner un puissant cocorico. Les résultats sont jusqu’à présents décevants. Pitof est tout de même responsable d’un des plus coûteux navets de ces dernières années, Catwoman.

Il n’était pas le seul à s’être noyé dans l’industrie américaine. Les exemples sont nombreux et Alexandre Aja ne pesait pas lourd face à un producteur arriviste comme Wes Craven, qui recycle désormais l’un de ses classiques, La colline a des yeux.

Un film qui avait choqué en son temps. Sans grand moyen, Craven opposait une famille proprette à des cannibales dégénérés. Presque trente ans plus tard, le Français Alexandre Aja provoque le même clash et conserve la même virulence.

Américain pur jus, policier à la retraite, Big Bob Carter traverse les Etats-Unis avec sa femme, ses trois enfants et ses deux chiens. Il n’a que du dédain pour son gendre, Doug, et ne s’inquiète que pour sa petite fille et sa famille. Sa caravane se plante dans le désert du Nouveau-Mexique. Pour cette famille typique, l’enfer commence.

Si les remakes ont tendance à gommer tout ce qui est irrévérencieux, celui-ci conserve le discours pernicieux de la première version. Comme dans Délivrance, le classique du survival, la petite famille va se faire agresser par des monstres déviants et la survie de quelques-uns ne dépendra que de l’acceptation de la barbarie et de la violence.

Le discours est douteux, mais à une époque où le conservatisme américain est clairement affiché, ce remake se montre subversif à l’égard des valeurs yankees. Le franchouillard Alexandre Aja ne se démonte pas et appuie là où ça fait mal. Réalisateur compétent, il n’hésite pas à mettre mal à l’aise à coups d’effets plus ou moins heureux. Il entretient néanmoins le malaise qui se dégageait de l’original.

C’est la plus grande qualité du film et d’une manière générale du cinéma d’horreur : interroger le spectateur. Le film dérange et secoue au-delà des cannibales abâtardis. Loin d’être un simple produit pour adolescents mangeurs de pop-corn, La Colline a des yeux, et malgré les apparences, elle a aussi un cerveau !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Juin 2006
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