Un film américain
de Anthony et Joseph Russo
Avec Sam Rockwell
Luis Guzman
William H. Macy
Isaiah Washington
et Jennifer Esposito
Metropolitan Filmexport - 2002 - 1h22
Effet
pervers du star-system à laméricaine, les vedettes
à laffiche de Bienvenue à Collinwood ne sont ni
devant ni derrière la caméra, mais dans les sombres
bureaux où lon parle gros sous. Les producteurs associés
de ce film ne sont autres, en effet, que Steven Soderbergh et George
Clooney, le duo maître du dernier gros tabac hollywoodien, Oceans
eleven. Et comme la recette était bonne, ces deux-là
ont décidé de récidiver avec une version "branquignols"
du premier. Là où le coup était réalisé
par les meilleurs dans leur spécialité, il est ici entrepris
par les pires associés quil se puisse imaginer !
Nous suivons donc les mésaventures de cinq Pieds Nickelés,
petits truands sans envergure et loosers patentés qui se retrouvent,
par hasard, à la tête dun "Bellini" :
comprenez un tuyau de première bourre pour un casse sans risque
qui doit rapporter un maximum de dollars ! En loccurrence, le
coffre-fort dun prêteur sur gage qui se trouve dans un
bureau mitoyen dun appartement vide. Il suffit de sintroduire
dans cet appartement, de démolir le mur de séparation
(fragilisé à dessein par le maçon qui la
construit), de forcer le coffre et de repartir avec les 300 000 dollars
quil contient !
Sur ce mince argument, le casting de "gueules" du cinéma
américain fait merveille. Pas de star (mis à part une
courte apparition de George Clooney lui-même, qui nhésite
pas à payer de sa personne en endossant un rôle aussi
peu glamour que possible : cloué sur une chaise roulante, tatoué
de la tête aux pieds et manifestement pas lavé depuis
plusieurs jours...), mais une brochette de seconds rôles vus
cent fois mais impossibles à associer à un film précis.
Tous professionnels chevronnés qui excellent dans les rôles
de loosers absolus quils endossent pour loccasion. Entre
gueules de lemploi, gags (im)prévus et rebondissement
absurdes, les frères Russo nous font passer, avec leur historiette
drolatique plutôt bien réalisée, une heure et
demie (à peine) agréable en compagnie aussi divertissante
que peu fréquentable.