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     CiNéMa
 
CONGORAMA

Un film canadien de Philippe Falardeau
Avec Olivier Gourmet
Paul Ahmarani
Claudia Tagbo
Jean Pierre Cassel

UGC - 2007 - 1h45
Méfiez vous du titre : les amateurs d’aventures africaines seront forcément déçus. L’action de Congorama se divise entre deux pays, éloigné de l’Afrique : la Belgique et le Canada. Ce road movie entre les deux nations profite de toutes les singularités, belges et canadiennes. Cela explique (un peu) l’originalité séduisante de ce film.


Fils d’un père handicapé mais célèbre, mari d’une réfugiée congolaise, père d’un petit black qui s’interroge sur son identité, Michel Roy est un piètre inventeur. Ses créations ne sont pas très crédibles. L’équilibre de sa vie est précaire et tout s’écroule lorsqu’il apprend qu’il fut adopté au Canada. Lors d’un voyage professionnel, il décide de s’égarer dans la campagne canadienne pour retrouver ses racines…

Ce résumé ne rend pas compte de la folie qui habite Congorama, second film du Canadien Philippe Falardeau. Le discours sur la filiation est entendu, mais le style est vraiment atypique. Le cinéaste, avec six acteurs et un aller-retour entre Liège et Sainte Cécile, se permet un ambitieux voyage, complètement barré où le destin joue des tours tragi-comiques.

Entre comédie et drame, le réalisateur creuse habilement une réflexion sur l’héritage (d’où l’importance de la langue française), d’une profondeur assez inhabituelle mais jamais prétentieuse.

Car il s’obstine à suivre Michel, héros maladroit, puis un autre personnage (on ne va déflorer l’intrigue), aussi farfelu malgré une apparente normalité. Congorama a finalement cette qualité immense de révéler la folie qui se cache derrière des apparences bien anodines. Le sens de la dérision et de l’humour (belge ou canadien, on s’en moque tellement il est bon) servent une bienveillance jamais angélique et touchante. Ajoutée à une grande liberté narrative, cette générosité offre un beau moment de cinéma.

Et puis il y a le charme de l’accent. La francophonie est à l’honneur. L’acteur Olivier Gourmet est belge jusqu’au bout des frites, tandis que le Canadien Paul Ahmarani manie le québécois à la perfection. Les dialogues profitent d’un large champ lexical. Et on appréciera toute l’ironie du personnage, discret mais essentiel de Jean Pierre Cassel, complètement muet.

Il faut cependant ne pas être silencieux à propos de Congorama. Ce film mérite le plus efficace bouche-à-oreille ! C’est bien la moindre des choses pour cette petite pépite du début d’année !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Janvier 2007
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