Un film américain de Francis Lawrence
Avec Keanu Reeves
Rachel Weisz
et Tilda Swinton
Warner Bros - 2005 - 2h01
Le
Néo-exorciste. Les mythes de l’enfer et du paradis,
des anges et des démons revisités avec brio et
précision par un jeune réalisateur, pour le plaisir
des yeux et de l’esprit.
John Constantine, extralucide anticonformiste, qui a littéralement
fait un aller-retour aux enfers, doit aider Katelin Dodson,
une femme policier incrédule, à lever le voile
sur le suicide mystérieux de sa sœur jumelle. Cette
enquête leur fera découvrir l'univers d'anges et
de démons qui hantent les sous-sols du Los Angeles d'aujourd'hui.
Un Pari difficile
Sortant des vidéo-clips, Francis Lawrence s’essaie
pour la première fois à la réalisation
d’un long métrage d'un genre plutôt difficile
: l'adaptation d'un comic book (et oui, un de plus). Mais contrairement
à certains précédents, le résultat
vaut son pesant d’or…
Le scénario est précis et subtilement cynique,
ce qui lui confère du rythme et de la finesse, tout en
s’appuyant sur des personnages habilement construits :
l’antihéros (Keanu Reeves) s’acharnant contre
les suppôts de Satan (pas tous issus des flammes de l’enfer)
dont, notamment, l’archange Gabriel, dont la dévotion
peut surprendre les plus puritains. Au milieu de ces personnages
de pierre et de feu se glisse une jeune policière, dont
l’unique credo est la résolution des circonstances
de la mort de sa jumelle.
En effet, le seul défaut de cette production est d’avoir
voulu mêler dans cette fable fantastique une irréaliste
intrigue policière qui nuit à la fluidité
de l’histoire et donne un désagréable sentiment
de déjà-vu.
Cependant, Keanu Reeves surprend avec ce rôle à
contre courant, quittant sa soutane de pasteur "Néo"-futuriste
pour le costume d’un extralucide, plus en addiction à
la nicotine qu'à la littérature divine.
Un film à voir au premier et second degré, le
cynisme et l’éternel sujet de la lutte du bien
contre le mal se montrent pour une fois bien nuancés,
même si les effets spéciaux obscurcissent parfois
le propos.