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LES CORPS IMPATIENTS

Un film français de Xavier Giannoli
Avec Laura Smet
Nicolas Duvauchelle
et Marie Denarnaud

Pan Européenne - 2003 - 1h34
LE CLUB DES TROIS
Entre maladie, amour et jalousie, le premier film de Xavier Giannoli joue de toutes les ficelles pour séduire le public des jeunes adultes : nombriliste et larmoyant.


Pour un metteur en scène, un premier film, même après un court-métrage remarqué et primé, est rarement un argument suffisant pour faire la une des magazines, spécialisés ou non. Sauf... Sauf si vous avez la chance d’avoir, en tête de votre casting "le fils ou la fille de". On le sait depuis quelques années déjà, en France notamment, le talent artistique est héréditaire. Alléluia ! Cette fois, c’est Laura Smet qui s’y colle : le nom de son père, la bouille de sa mère, tous les ingrédients sont réunis pour faire de son premier film un événement cinématographique... hexagonal !

Pour le reste, une analyse hors show biz des Corps impatients se résume assez facilement par une formule éculée mais adaptée : nombrilisme larmoyant.

Non que Xavier Giannoli ait raté son film (et on prendra le temps d’en énumérer les réussites), mais entre un scénario efficacement lacrymal (le cancer d’une toute jeune femme), la multiplication des scènes "sexuellement explicites" (pas toutes indispensables) et l’absence de propos cohérent (et la fin du film, Xavier, tu nous la donne quand ?), on ressort de la salle avec l’impression d’avoir vu un « produit » formaté pour un public de jeunes adultes en empathie avec les héros du film.

Quand le spectateur devient voyeur

Il y a pourtant de bonnes choses dans ce premier long-métrage, à commencer par le parti-pris de réalisme affiché du début à la fin. Caméra à l’épaule, grain de l’image, absence d’idéalisation des décors, le spectateur est confronté à la dure réalité du propos. L’hôpital est conforme à ceux que l’on a fréquenté, ni sordide, ni accueillant, juste fonctionnel. Les personnages ne sont pas formidablement gentils ou méchants, justes normaux, avec leurs pensées, leurs actes et leurs contradictions. Les acteurs, enfin, assurent leurs rôles avec efficacité, voire talent et on leur en sait gré.

Dommage simplement que cette impression de futilité (malgré la gravité supposée du sujet) et d’étroitesse du propos amène le spectateur à se demander ce qu’il fait là, placé en position de voyeur, au sens le plus désagréable du terme.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2003
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